journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
MARS 2016
débats d'idée - champs libre
Laissons les super-héros aux âmes d'enfants et les prophètes à celles des croyants !
par Stéphane

Il y a 60 ans, Khrouchtchev condamnait le culte de la personnalité qui entourait « le petit père des peuples » dans un rapport tenu secret lors du 20ème congrès du Parti Communiste de l’URSS. Le système collégial à tous les échelons devait reprendre ses droits pour stimuler l’initiative et l’activité de ceux que l’époque appelait les masses.

Dès le 19ème Congrès, Khrouchtchev tombait à bras raccourcis sur certains cadres oligarques qui estimaient  que "la discipline du parti, obligatoire pour les militants ordinaires, ne l'était pas pour eux (...) Ils ne tiennent compte ni des décisions du parti, ni de celles des militants. Il va de soi que le parti ne peut accepter de telles conceptions seigneuriales de la discipline qui lui sont foncièrement étrangères".

60 ans après, sommes-nous condamnés au choix cornélien entre un retour au bureaucratisme de l’appareil politique ou à la soumission forcée (de la France insoumise ?) à un petit père qui nous pardonnerait de nos péchés petit bourgeois, nous rassurerait dans l’épreuve et nous donnerait l’espoir du bonheur qu’il nous promet ?


« Méluche te touche et l’écosocialisme te guérit » pourrait être une version moderne du toucher des écrouelles, mais c’est d’un marxisme créateur dont nous avons besoin - pour reprendre, encore, Khrouchtchev - pas d’un guide suprême à qui « le vrai peuple de gauche » ferait allégeance.

Mais qu’est-ce donc alors que ce marxisme créateur ? Sans doute d’abord revenir à la notion de métabolisme définie chez Marx.
Non M. Méluche, une voiture verte qui dépollue l’air, ce n’est même pas digne d’un scénario de série Z. A force de scientisme devenu religion (dormez tranquilles jeunes gens, les progrès techniques suivants répareront tous les dégâts provoqués par les précédents), tout bonimenteur peut nous faire croire que l’énergie nucléaire n’émet pas de CO² ou que dépenser des milliards d’argent public pour Bolloré et sa bagnole électrique, c’est écosocialiste ! Pauvre Bookchin, avec de telles sornettes, le père de l’écologie sociale doit pester contre ceux qui s’en réclament.
(http://www.graindesel.org/all_page.asp?page=62&article=43).

Mais qu’est-ce donc ensuite que ce marxisme créateur ?  Point de grands chefs donc (et encore moins de chefaillons ou de gourou médiatique) mais une démocratie à tous les étages et dans tous les domaines. Pas celle des budgets participatifs et autre « concertation avec les habitants », mais celle de citoyens responsables et désintéressés qui habitent des villes et des campagnes délestées de toute financiarisation et qui travaillent dans des entreprises qui se développent pour leur bonheur et non pas pour une caste responsable d’un écocide terrifiant.



Mais qu’est-ce donc enfin que ce marxisme créateur ? Que l’économie soit subordonnée à l’écologie sociale en sortant de la logique du profit. Mais aussi que les anticapitalistes que nous sommes commencent à admettre que l’énergie tient un rôle majeur dans la croissance du PIB et pas uniquement l’accumulation du capital.
Et, surtout, ne pas espérer qu’une nouvelle découverte technique, tel un Messie des temps modernes, permettra d’augmenter miraculeusement la productivité de l’énergie pour les siècles des siècles. Amen.

Harmonie, démocratie et bien commun contre chaos, oligarchie et privatisation. Limites, proximité et fraternité contre démesure, solitude et compétition.
Non vraiment cette impérieuse nécessité de changer totalement de paradigme ne peut se satisfaire de ces luttes égotiques, de tant de tartufferies et d’illusions destructrices.


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