journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
MARS 2019
débats d'idée - champs libre
« The start of something » : Le début de quelque chose ?
par Stéphane

Tel est le slogan, forcément anglais car forcément moderne, de l’ancienne Halle Girard, fleuron lyonnaise de la 1ère révolution industrielle, qui deviendra, la Lyon French Tech dont ses idolâtres espèrent qu’elle sera le fleuron de la 4ème, et fera éclore l’une des « licornes » de la start-up nation dont rêve notre banquier de président. Améliorer le système, le rendre plus performant, voici le seul horizon qu’impose la classe dominante aux peuples. Ce vendredi 15 mars, jour de l’inauguration de ce nouveau joujou technocapitaliste, d’autres voix/voies se sont pourtant fait entendre.

"Le mot d'ordre est de faire de Lyon une capitale européenne. On voit ici se concrétiser une ambition forte. D'avoir une fabrique à idées, technologiques et sociales, qui va venir accompagner les entreprises dans la croissance, c'est un endroit rêvé pour nous. C'est un grand moment". Voilà ce qu’affirmait à la presse le président de la Métropole de Lyon lors du lancement de ce énième temple voué à louer la légende de la startup. La baronnie était d’ailleurs en pamoison devant cette classe créative qui prend la place de la classe ouvrière, éjectée depuis des décennies par une bourgeoisie lyonnaise qui ne supporte plus sa suante présence.
La mutation de la Halle Girard en est une parfaite illustration. Le capitalisme a sacrifié le monde ouvrier et met à sa place des jeunes entrepreneurs aveuglés par la fausse modernité de la révolution numérique sans se rendre compte qu'ils sont les nouveaux jouets d’un système qui les broie déjà.

La start-up, qui n’est pas une entreprise, fait toujours beaucoup plus de perdants que de gagnants. C’est l’essence même du capitalisme.
Et comme le rappelle l’un des prophètes de la Jérusalem des agorathéistes, la Silicon Valley : « une startup est une organisation temporaire à la recherche d’un business model industrialisable et permettant une croissance exponentielle ».
La start-up n’est qu’une vieille antienne du capitalisme, simplement recarrossée avec des jantes dorées : comme le système détruit l’emploi salarié, crée ton entreprise et deviens ton propre patron ! La start-up comme pépinière des businessmen capitalistes, voilà le nouveau credo.
Et forcément notre baronnie macronienne ne peut qu’applaudir devant ce nouveau monde qui ressemble terriblement à l’ancien.

The smart of something, le début de quelque chose…d’une conscience politique ?

Alors que la classe dominante se pavanait dans cette Halle Girard renommée H7, des collégiens, lycéens et élèves battaient le pavé contre l’irresponsabilité totale des élites au pouvoir face aux crises environnementales et sociales qui menacent l’existence même de notre humanité.

Des dizaines de milliers de jeunes dans la rue le vendredi, des dizaines de milliers de familles le samedi avec une même interpellation dramatique : Quand est-ce que les irresponsables cliques aux manettes vont-elles arrêter l’exploitation de l’Homme et son environnement pour leur seul profit ?

Elles ne le feront pas d’elles-mêmes car, au-delà de leur avidité sans limite et leur désir mortifère de garder leur pouvoir, elles sont totalement incapables de penser un autre monde que celui qui les engraisse et qui nous détruit.

Il suffit d’écouter les réactions affligeantes de ceux qui nous gouvernent face à ces mouvements populaires, qu’ils soient verts, jaunes ou rouges pour comprendre leur vacuité et leur irresponsabilité. Le seul message de Macron : sa présence entre remonte-pentes et canon à neige dans une station de ski des Pyrénées ! Quel aveuglement.

Alors oui, le début de quelque chose, ce vendredi 15 mars, n’était pas à la H7 mais bien dans les rues lyonnaises.

Espérons que cette jeunesse dans les rues s’émancipera du logiciel de la pensée dominante, loin de la startup nation et autre faux-nez d’un capitalisme toujours aussi mortifère, pour se créer son propre imaginaire et s’inventer un avenir à rebours de celui que le système lui impose par la force : le tous contre tous.

Stéphane Bienvenue


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