journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
FÉVRIER 2019
débats d'idée - champs libre
M. Macron, les réseaux sociaux, l’antisémitisme et l’antisionisme
par Michel S

S’il est juste de vouloir mettre en place une législation contre la propagation de la haine raciale sur les réseaux sociaux, encore faut-il avoir une juste appréciation des phénomènes politiques. Or, M. Macron s’aligne, sans retenue, sur les positions communautaristes du CRIF et de l’État d’Israël qui cherchent à confondre ceux qui luttent pour le respect du peuple palestinien avec ceux qui divulguent leur vulgate antijuive. Combien de fois faudrait-il répéter que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme ? Là, où l’antisionisme est, avant tout, une idée politique (contestable ou pas, leurs auteurs ont le droit de la défendre), l’antisémitisme est, en revanche, un racisme et un délit.

Le Président de la République livrerait donc la guerre au racisme et à l’antisémitisme qui, selon lui, seraient essentiellement imputables à l’islamisme radical. Or, tout le monde sait que l’inspiration des courants intégristes de l’Islam puise son fonds de commerce dans le vieil argumentaire de l’extrême-droite fascisante. Pour lutter contre l’antisémitisme en profondeur, il faut donc impérativement lui couper l’herbe sous le pied. S’il est juste de vouloir mettre en place une législation contre la propagation de la haine raciale sur les réseaux sociaux, encore faut-il avoir une juste appréciation des phénomènes politiques. Or, M. Macron s’aligne, sans retenue, sur les positions communautaristes du CRIF et de l’État d’Israël qui cherchent à confondre ceux qui luttent pour le respect du peuple palestinien avec ceux qui divulguent leur vulgate antijuive. Combien de fois faudrait-il répéter que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme ? Là, où l’antisionisme est, avant tout, une idée politique (contestable ou pas, leurs auteurs ont le droit de la défendre), l’antisémitisme est, en revanche, un racisme et un délit.

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M. Macron sert donc objectivement, et, à son corps défendant, les idéologies antisémites, celles qui visent à institutionnaliser le juif. Nous rappellerons à M. Macron que la haine du juif n’est pas chose nouvelle et qu’elle s’est accrue parce qu’elle demeure hélas très ancrée dans le monde. Découvrirait-il l’antisémitisme maintenant ? C’est effectivement un peu tard ! Enfin, nous rappellerons à M. Macron que l’hostilité à l’endroit d’Israël est aussi le fait de Juifs qui ont toujours estimé que le projet israélien était un projet foncièrement guerrier et colonisateur. Avec le temps, Israël s’est imposé par la force. Nous ne pouvons donc qu’en reconnaître l’existence et composer avec. Cependant, et, à force de reculer devant les nécessités de l’Histoire, Israël a fini par sombrer corps et âme dans le fanatisme, le bellicisme le plus outrancier et le racisme le plus étriqué. Or, de cela M. Macron n’en discourt jamais. Son prisme est celui du CRIF et de l’Israël d’aujourd’hui.

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Ainsi, et, malgré ses récriminations, participe-t-il au renforcement de ce qu’il trouve injuste, la vieille antienne, usée jusqu’à la corde, du « complot sioniste mondial ». En outre, M. Macron mesure assez mal le marasme dans lequel la France s’est empêtrée : nous vivons dans un pays qui n’a de « laïc et républicain » que l’apparence. Partout, et de manière multiforme, les communautarismes ont gagné du terrain ; il suffit de visiter notre pays de long en large pour le constater ! Son discours ne fait qu’agréer et encourager cet état de choses. En réalité, la France a surtout besoin d’une autre politique, une politique qui rassemble tous les Français sans exception et qui, en second lieu, n’exporte pas, dans l’hexagone, les miasmes d’un conflit israélo-palestinien qui n’a que trop duré. La France doit, avant tout, œuvrer pour la paix et apporter son soutien aux peuples qui souffrent et non aux dirigeants qui les martyrisent.

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Enfin, dès lors qu'on vitupère la haine et le racisme, encore faut-il le faire sans œillères : des cimetières chrétiens et des mosquées ont été également souillés. Ce qui indique que notre société est devenue vraiment malade du racisme et de la xénophobie. Le rejet de la différence et l’exclusion ont désormais pris une ampleur anormale dans un pays qui ose afficher pourtant : « Liberté, égalité, fraternité. » L’islamophobie est aussi le pain courant de certains idéologues qui se plaignent, à présent, d’être insultés. M. Macron devrait être le président de tous les Français et réclamer de certains citoyens français qu’ils mettent un peu plus de clarté et de dignité dans leurs jugements. À propos des enfants juifs, le Président souligne que l’école doit jouer son rôle de rempart républicain. Nous sommes entièrement d’accord, mais nous pensons que les programmes scolaires doivent être désormais adaptés aux temps présents, être des lieux de reconnaissance et de connaissance tout à la fois, des lieux où les enfants apprennent à se respecter et s’aimer. Il est grand temps de stopper la spirale de l’ignorance et de la haine. Il est grand d’admettre et de louer, sans arrière-pensée et sans fausse admiration aucune, la réussite sociale des Juifs comme étant celle de notre État laïc et républicain qui a enfin permis aux Juifs d’être à la place qui est la leur. Or, ce progrès immense nous pouvons d’ores et déjà le réussir pour les citoyens d’origine musulmane – j’en suis sûr – comme nous l’avons obtenu pour des gens d’origine diverses : Italiens, Espagnols, Portugais, Polonais, Arméniens etc.

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Vive la France laïque et républicaine !

Le 21/02/2019 - Michel Sportisse

* Photo Humanité
** Affiche du Parti communiste des États-Unis d'Amérique
*** Affiche du MRAP
**** Affiche du graphiste Dugudus


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