journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
MARS 2015
Croix-Rousse :
luttes et services publics
Les services de proximité accessibles à tous : un bien commun non négociable !
par Stéphane

C’est parti ! Le comité d’usagers des services publics de la Croix-Rousse s’est créé par la volonté commune d’une quarantaine de personnes et il ne demande qu’à se développer ! CPAM, boutiques TCL et SNCF, internat Favre, hôpital de la Croix-Rousse, la Poste…Les luttes pour maintenir et développer les services publics sont nombreuses. L’héritage Croix-Roussien de ce comité est évident : c’est en se regroupant et en luttant que l’on peut gagner les batailles pour continuer à répondre aux besoins de tous les habitants, et particulièrement les plus fragiles.

Quelle ville voulons-nous ?

Ce comité, c’est tout d’abord la volonté partagée de proposer un autre modèle de société, de faire que Lyon soit plus urbaine, c'est-à-dire qu’elle permette d’abord le vivre-ensemble au lieu de se vendre au plus offrant des promoteurs immobiliers.
L’automatisation de tous les services, la rentabilité comme critère unique pour juger de leur qualité ou encore des agents pressurisés au nom de la productivité ne peuvent être acceptables quand ils impactent aussi violemment les valeurs qui fondent notre pacte social. 

Car au-delà de l’impérieuse nécessité de permettre à chacun de trouver des services publics dans la proximité de son espace de vie quotidien, ce sont bien la convivialité et l’égalité qui sont remises en cause lorsqu’ils sont menacés.
Car au-delà de préférer que l’argent public finance l’internat Favre plutôt que le centre de formation de l’Olympique Lyonnais, c’est bien le droit à la même ville pour tous qui est remis en cause.



Les services publics garants des valeurs de la République

Lorsque l’action publique se transforme en baronnie locale et que la ville est privatisée au profit de spéculateurs, c’est bien le socle de notre République qui vacille. Réduire petit-à-petit les horaires d’ouverture des urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse ou le personnel des boutiques SNCF pour les remplacer par des machines sont des reculs de nos valeurs républicaines. Nos services publics, notre bien commun, doivent nous permettre, à chacun d’entre nous et sur l’ensemble du territoire, un égal accès aux services rendus.

La concurrence, la compétitivité, le profit ne peuvent en aucune façon être associés à la notion même de service public. Nous ne pouvons accepter que la Ministre de l’Education justifie la fermeture de l’internat Favre parce qu’il n’est pas rentable !
Alors que cette proximité des services publics participe à combattre la solitude (combien de personnes seules trouvent derrière leurs portes un peu de chaleur humaine ?), à permettre la socialisation (combien de citoyens peu à l’aise avec le français trouvent des repères grâce aux agents ?), à éviter la fracture numérique (combien d’habitants perdent encore leurs moyens devant des machines austères et complexes ?), c’est au nom d’une fausse modernité ou d’une mensongère amélioration du service rendu que l’intérêt général recule au profit des intérêts de quelques uns.


Les habitants en lutte pour des services publics et force de proposition

La solidarité et la cohésion sociale ne sont pas négociables. Les préserver passe par la mobilisation citoyenne contre des logiques marchandes qui façonnent nos villes. Et au-delà de leur préservation et de leur développement, c’est bien la démocratisation des services publics qui anime les membres de ce collectif d’usagers. Alors que la Métropole de Lyon risque d’éloigner un peu plus encore les habitants des lieux de décision, c’est bien une réappropriation de la politique publique par les citoyens qui mobilise ce collectif. Est-il normal d’apprendre par la presse ou entre deux portes la fermeture de l’internat Favre, la remise des Lieux d’Accueil des Parents dans les écoles ou l’éventuelle fermeture de la boutique SNCF en 2016 ?

Ce comité a ainsi la ferme volonté d’impulser et de participer à des dynamiques mobilisatrices et d’articuler et globaliser les luttes pour des services publics de qualité et pour tous les habitants.
Car il y a un point commun entre les tours qui vont pousser à la Part-Dieu et les fermetures d’agences de services de proximité. Les deux participent d’une même vision d’une ville transformée en marque (au même titre qu’un paquet de lessive) pour être compétitive et attractive. Le mensonge du « trickle-down »(*) que nous assènent les politiques libérales depuis 30 ans ne fonctionne plus.

Les services publics sont au cœur du progrès social, pas celui, aveugle, d’une technoscience au service du capitalisme, mais celui, plus humain, adapté aux plus fragiles d’entres nous. Ils concernent tout le monde et doivent rassembler, pour les développer, toutes les forces sociales qui sont convaincues que ce système nous mène au chaos.

(*) La théorie du ruissellement, c’est un peu comme la main invisible mais en pire : c’est l’idée selon laquelle les riches réinjectent leur argent dans l’économie réelle en consommant ou en investissant. Les riches contribueraient ainsi à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. Bernard Mandeville justifiait au début du 18ème siècle les comportements cupides et l’accroissement des inégalités en affirmant que l’amélioration du bien‐être des sociétés reposait sur l’enrichissement sans frein de quelques‐uns.


Les premières mobilisations

L’internat Favre prioritairement car les décisions finales vont se prendre dans les prochaines semaines et nous sommes certains que la fermeture peut être évitée avec la mobilisation de tous. Dès mercredi 8 avril devant la mairie du 4ème arrondissement jusqu’au 11 mai lors d’un conseil métropolitain où un vœu sera déposé par des groupes politiques, au-delà de leurs différences partisanes pour sauver l’internat, de nombreuses initiatives menées par les salariés de l’établissement sont prévues. Ainsi, une manifestation est déjà prévue le 27 avril avant et pendant le conseil municipal de Lyon. Nous invitons tous les habitants à s’associer à ce combat et prendre toutes les informations complémentaires à cette adresse : sauvonslinternatfavre@gmail.com .
Le comité des usagers sera réunira quant à lui tous les mois et la prochaine rencontre est programmée le 4 mai prochain.

Pour une société plus égalitaire, plus solidaire et plus écologique, les biens communs doivent rester publics, dans la proximité de tous les habitants, être gérés de façon démocratique et avec des financements publics à la hauteur des besoins.

N’entendez-vous pas un chant s’élever au-dessus de la colline qui travaille :

« Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Nous tisserons...
Le linceul du vieux monde
Car on entend déjà
La révolte qui gronde ».

Photo : Olivier

Pour plus de renseignements : comiteusagers.croixrousse@gmail.com






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