journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
NOVEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Ménageons notre ville, dégageons les spéculateurs !
par Stéphane

Le numéro de novembre de Lyon Capitale, qui n’est pas vraiment un journal d’affreux gauchistes, interroge, un peu naïvement, qui fait flamber les prix à Lyon. La réponse étant dans le surtitre, la spéculation immobilière. Les enquêtes de ce dossier illustrent fort bien combien notre Métropole est l’antithèse de la ville : Grande distribution : le Grand Lyon continue de dérouler le tapis rouge. Immobilier : l’attraction de Lyon fait chuter la région, les classes moyennes chassées de Lyon, comment la métropole fait monter les prix à Lyon ? Tout un programme dont les lecteurs du Grain de Sel connaissent parfaitement les causes et les conséquences.


Au-delà du catéchisme capitaliste psalmodiant à l’envi que l’attractivité d’une ville se mesure à la cherté du m², ces accroches journalistiques prouvent, s’il en était encore besoin, que les spéculateurs fonciers, les promoteurs immobiliers et les magnats de la grande distribution restent les réels patrons de notre Métropole, simple support de l’accumulation du capital et de la plus-value.

Lyon Capitale rappelle ainsi le record du prix au mètre carré est battu à Lyon chaque trimestre tandis que notre Métropole et son attractivité se font « sur le dos des territoires voisins », chassant les classes moyennes et que les centres commerciaux, symboles de la ville du 20ème siècle, continuent leur progression au mépris des terres agricoles et des luttes contre l’écocide mondial en cours.

En juillet 2016, « Le Grain de Sel » se gaussait du plan de comm de la Métropole qui, à partir d’une étude d’un renommé universitaire, avait réussi à nous vendre sa théorie du ruissellement : Grâce à son attractivité et sa modernité, notre chère Métropole faisait ruisseler sa Grandeur vers ses territoires périphériques se prosternant devant tant de bonté. Nous avions à l’époque conclu notre article par une tirade savoureuse du film de Michel Munz « Ah ! Si j’étais riche » : « Finalement, quand on est riche, ça ne s’arrête jamais ? Rassurez-vous, c’est pareil quand on est pauvre ». Lyon Capitale commence aujourd’hui le sien par une boutade du même acabit : « Ça ne ruisselle pas, ça aspire ! »


A ce dramatique bilan pour les gens qui ne sont rien, les idolâtres locaux du Dieu Marché ont eu des réponses qui auraient pu être drôles si elles n’étaient pas dramatiques. Je ne citerai que celle de M. Le Faou, le vice-président de la Métropole de Lyon, délégué aux promoteurs, spéculateurs et autres requins de la finance : « la métropole ne fait que répondre aux demandes d’implantation des acteurs ». Et moi qui croyait qu’elle devait d’abord répondre aux besoins de ses habitants…

A 18 mois des municipales et quelques semaines après le retour du Baron, le Président par interim de la Métropole a tenu des propos, bien évidemment sincères, dont la tactique politique est aussi fine que Trump devant une femme en jupe : « Nous devons avoir une ambition et une vision d’ensemble avec les autres territoires ». Cela tombe bien, camarade Kim, comme tu es aux manettes d’une Métropole à qui la Loi a donné tous les pouvoirs, tu as encore une grosse année pour mettre en œuvre cette ambition !

Comme la presse locale fut en forme cette semaine, je terminerai par Les Potins d’Angèle du 24 octobre. La photo de SDF associée à ce titre « Place la République : la paupérisation En Marche ! » suffisent pour résumer le contenu de l’article. Pour « fêter » la nouvel an, le Grain de Sel exprimait son dégoût par ce titre : « 2000 disettes : La caste au pouvoir toujours aveugle face à la pauvreté ! ». Notre rue République est donc devenue le terrible symbole d’une Métropole inégalitaire et vendue à des spéculateurs dont le profit et la seule boussole.


Croître, accélérer, consommer, accumuler. Les antiennes du capitalisme trouvent dans notre Métropole aliénée un écho sans pareil. N’imaginons pas un seul instant que tous ceux qui sont au pouvoir depuis 30 ans auront ne serait-ce que l’idée que quelque chose de tourne pas rond au Royaume de Collomb. Et si la sortie du capitalisme est une nécessité vitale pour les Hommes et leur environnement, sortir de la métropolisation qui met en concurrence les territoires au détriment des habitants relève de la même nécessité.


L’écologie sociale et le ménagement de nos espaces de vie nous oblige à interroger notre capacité de concevoir et gérer collectivement nos territoires comme un bien commun dont le développement

serait basé sur
une économie décarbonée et une réappropriation démocratique de la politique et des moyens de production.

Assumer ce préalable, c’est affirmer la fin de l’hégémonie métropolitaine issue de logiques économiques capitalistiques mondialisées parfaitement insoutenables écologiquement et socialement.

Assumer la volonté de passer de l’état de compétition à celui de coopération, c’est soutenir l’idée d’un pacte entre les villes et les campagnes fondé sur un développement équilibré et solidaire, respectant les héritages culturels et naturels, la préservation des espaces naturels et agricoles et des mobilités décarbonées.

Enfin assumer la sortie de la métropole capitaliste, c’est baser le développement urbain sur le droit à la ville pour tous et non plus comme moyen essentiel de l’accumulation du capital et de production de plus-value. Cela passe par le libre accès aux transports en commun, la maîtrise publique du foncier et de l’énergie, la municipalisation de l’eau, la production de logement adaptée aux besoins des habitants, l’agriculture urbaine, des services publics de proximité…


Voilà un beau programme pour les municipales de 2020. Et bien évidemment, ce ne sont pas nos pyromanes d’hier et d’aujourd’hui qui deviendront, par miracle, les pompiers de demain.


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