journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
MARS 2015
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
La pollution de nos villes : asphyxie de nos poumons ... Symptômes du capitalisme
par Stéphane

Les habitants de nombreux territoires ont souffert durant une semaine d’un pic de pollution qui avait largement dépassé les « normes admises ». Au-delà du fait que même en dessous de ces normes, les particules fines sont nocives pour notre santé, cet épisode polluant ne doit pas uniquement être interrogé au regard des déplacements automobiles. Il est surtout l’une des conséquences désastreuses de l’utilitarisme de nos territoires entièrement assujettis à l’économie de l’accumulation.

Dans son édition du 23 mars, sous le titre « Comment réduire la pollution dans les villes », le quotidien « L’Humanité » interrogeait l’asphyxie de nos métropoles sous l'angle de leur privatisation au profit du plus offrant provoquant une injustice spatiale violente tant pour les classes populaires que pour notre environnement.

Les territoires dans une concurrence sans fin

Alors que les documents stratégiques pour le développement cohérent des territoires nous vendent « la ville multipolaire », « l’équilibre territorial » et autre « maillage serré des transports en commun », la ville privatisée impose totalement l’inverse : spéculation immobilière repoussant les classes moyennes et populaires loin de leur lieu de travail, concentration des activités économiques au cœur des métropoles, compétition entre les territoires avec un abandon de ceux qui ne sont pas suffisamment rentables pour l’économie mondialisée… Autant de maux d’un capitalisme prométhéen qui provoquent la congestion de nos routes et de nos poumons, mais aussi le sentiment d’exclusion et de stigmatisation des classes populaires (salauds de pauvres qui polluent avec leur vieille bagnole !).

Et Lyon, malgré une propagande métropolitaine pleine de bons sentiments, a l’ambition d’appuyer sur le champignon pour rivaliser avec Barcelone, Milan et autres villes-monde modernes bien éloignées de la Myrelingues chère à Rabelais.

Le dernier exemple en date : Le quartier de la Part-Dieu où pour être compétitive, Lyon se vend à la finance. 

C’est donc tant du côté des pots d’échappement de nos voitures que du MIPIM de Cannes qu’il faut chercher les causes de nos poumons atrophiés. C’est en effet ici que se (dé)fait la ville, devenue simple objet que l’on doit vendre au plus offrant.
Avec des tours - pardon des immeubles de belle hauteur - forcément écologiques et des centaines de milliers de m² de bureaux qui vont créer des emplois (Nous aurions pu y penser plus tôt : multipliez les immeubles de bureaux et vous multiplierez les emplois ! Quelle farce !), la « smart city » est en marche ! Avant de rendre la ville intelligente (…), ces relocalisations hyper concentrées d’activités économiques sont d’abord l’une des causes de la congestion automobile.

La tour de grande hauteur est le symbole le plus indécent de cet urbanisme qui n’est plus urbain car totalement désincarné des différentes couches qui ont façonnées nos territoires, notre bien commun. Sans odeur et sans saveur, ces tours ont comme seul horizon la standardisation capitaliste. Les tours et la ville connectée, intelligente et capitaliste sont des gouffres énergétiques parfaitement insoutenables.

Penser les territoires « décarbonnés » en dehors du capitalisme

La ville post-carbone devra volontairement se développer dans le cadre d'une économie circulaire totale et d’une vraie solidarité entre les territoires. La ville et les territoires solidaires devront alors se désencastrer de cette économie de l'accumulation et sortir de ces forces centrifuges qui attirent les richesses vers les métropoles mondialisées et, parfois, le vote Front National vers les territoires oubliés et pas rentables pour le capitalisme triomphant.

Alors que la plupart des problématiques urbaines pour les habitants touchent à la cohésion et la souffrance sociales, le prix du foncier et la ghettoïsation, la désaffection démocratique, la vie culturelle (dont la ville de Lyon va d'ailleurs drastiquement réduire les subventions), le maintien des commerces dans les quartiers (…), on nous vend des villes dites modernes qui, mécaniquement (c’est le cas de le dire) produiront pollutions et injustices sociales.

Pour nos villes, il s’agit de redonner du poids à l’intérêt général, de réinventer l’inspiration citoyenne, de transformer les imaginaires, de redonner de l’utopie dans la vision de nos villes et pour reprendre Shaw « L’humanité serait depuis longtemps heureuse si les hommes mettaient tout leur génie non à réparer leurs bêtises, mais à ne pas les commettre ». Et ce qui se passe à la Part-Dieu est une énormité que le « lock-in » économique et politique nous empêche de dépasser.

Tant que les métropoles seront privatisées au profit des promoteurs et autres investisseurs qui ne cherchent que le retour sur investissement, ces pics de pollutions deviendront chroniques et l’oligarchie continuera à imposer aux enfants et personnes âgées de rester chez eux pour permettre à la Méga Machine capitaliste de continuer à tourner.

En plus d'une écologie sociale absente de l'imaginaire des oligarques en place, Lyon et Paris sont totalement dépendantes des réseaux mondiaux imposant des infrastructures matérielles polluantes et énergivores pour rester connectées. La soutenabilité locale est totalement impossible dans ces métropoles privilégiant la compétitivité à la coopération.

Et si les décisions techniques prises ont pu limiter la pollution de façon conjoncturelle (de qui se moque t'on lorsque l'on préconise de prendre le Vélo'V les jours de grande pollution alors que la gratuité des TC serait une solution beaucoup plus efficace ?), tant que nous ne serons pas sortis de cette économie du profit et de la plus-value qui tue les hommes et la nature, les gadgets techniques  n'auront aucune efficacité.

Pas de transition écologique sans justice sociale, pas de transition écologique sans sortie du capitalisme !

http://www.humanite.fr/comment-reduire-la-pollution-dans-les-villes-569117



1 commentaire

De Daniel Ridard - Envoyé le 03/06/2015 16:45:25
petite info "le 30 Mai à Givors a eu lieu " le village des alternatives " voir sur ALTERNATIBA www.alternative.eu/rhone
à voir une ininiative en octobre à Lyon .


Ajouter un commentaire
Votre commentaire sera validé apres vérification.

Les champs en gras seront visibles sur mon site
Prénom ou Pseudo (*) 
Email (*) 
Message  (*) 
Adresse IP : 34.204.173.36
 
(*) champs obligatoires