journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
JUILLET 2018
débats d'idée - champs libre
La cour de Versailles se pâme devant Macron 1er ? Retrouvons nos fondements révolutionnaires
par Stéphane

« L’Assemblée Nationale renferme dans son sein les dévastateurs de ma monarchie, mes dénonciateurs, mes juges et probablement mes bourreaux ! », voilà ce qu’écrivait Louis XVI de sa geôle du Temple en 1792.
Notre monarque contemporain, pour éviter un tel déshonneur, prend les devants en réduisant l’Assemblée Nationale à une salle de spectacles.
Notre apologiste du Dieu Marché, pour renforcer son autoritarisme monarchique, convoque à Versailles sa Cour et les représentants du peuple méprisés pour écouter la Sainte Parole.
L’épisode de la vaisselle de Sèvres, en tout point comparable au « cabinet de la vaisselle d’or » de Louis XVI, nous avait démontré le désir incontrôlé du couple présidentiel pour les apparats royaux.
Ce discours à Versailles a les atours de celui de Louis XVI aux Etats Généraux de mai 1789. Notre seul espoir est que la fin de l’Histoire soit la même.

Vite !


Notre monarque contemporain, pour éviter un tel déshonneur, prend les devants en réduisant l’Assemblée Nationale à une salle de spectacles.
Notre apologiste du Dieu Marché, pour renforcer son autoritarisme monarchique, convoque à Versailles sa Cour et les représentants du peuple méprisés pour écouter la Sainte Parole.
L’épisode de la vaisselle de Sèvres, en tout point comparable au « cabinet de la vaisselle d’or » de Louis XVI, nous avait démontré le désir incontrôlé du couple présidentiel pour les apparats royaux.
Ce discours à Versailles a les atours de celui de Louis XVI aux Etats Généraux de mai 1789. Notre seul espoir est que la fin de l’Histoire soit la même.

Vite !

Notre Narcisse s’est donc miré dans la Galerie des Glaces. Louis XVI et Marie-Antoinette s’y sont mariés, JFK et Jackie y ont été honorés.

Et si l’on ne souhaite pas un destin similaire à nos fac-similés contemporains, le couple présidentiel n’intègrera jamais le récit national comme les premiers ni les légendes modernes comme les seconds.

Et si la Cour des uns et les groupies des autres restent la marque de fabrique de cette monarchie autoritaire, les pitoyables selfies ont remplacé Joseph Duplessis & Cornell Capa pour marquer du sceau de l’indignité la logorrhée de ce serviteur zélé de Mamon.

Malgré la répulsion chronique devant cette hydre d’un Ancien Régime dont nous pensions être débarrassé par la force des baïonnettes, il est de salut public (…) pour les anticapitalistes de lire le verbatim de notre monarque startuper.

Les idées dominantes de la classe dominante, mâtinées d’un verbiage tout droit sorti des boîtes de comm’ au service des puissants, nous explosent au visage.

Les luttes sociales contre ces terribles régressions qui écrasent les plus fragiles d’entre nous deviennent « des faux procès » (Macron, sans le dire ouvertement, les assimilerait-il à des fake news ?) dans ce discours fourre-tout symptomatique d’une idéologie qui, pour cacher son fond le drappe sous de séduisants atours pseudo-philosophiques.

Pour ce petit télégraphiste des banquiers qui se croit démiurge, les luttes politiques de ceux qui désirent un monde plus solidaire et juste ne sont que « stérilité purement théoriques et qui, si elles garantissent de beaux succès de tribune, n’apportent rien ».

Macron a porté la « novlangue » chère à Orwell à un niveau rarement atteint, mais avec toujours le même objectif que la langue officielle d’Océania : rendre impossible chez le peuple tout autre mode de pensée que celle de la pensée dominante. Soyons toutefois convaincus que les Goldstein des temps modernes trouveront toujours en face d’eux des Winston et des Julia.

Macron, enfin, a poussé son indignité et son cynisme à des niveaux stratosphériques. Que celui qui rechigne à lire sa prose, jette un œil sur ces quelques lignes qui valent synopsis pas uniquement de ce texte mais de son mépris du peuple :

« Notre société de la compétition et de l’efficacité est menacée à chaque instant de perdre son humanité, de perdre son âme. Pourquoi ? simplement parce qu’elle est portée à considérer les personnes non selon leur dignité intrinsèque, mais selon leur utilité sociale, et de manière tout aussi grave, en sous-estimant l’utilité sociale qu’elles peuvent avoir. Ainsi les plus jeunes sont mis indéfiniment à l’épreuve, les plus âgés, au rebut. Les chômeurs sont pointés du doigt. Mais ce sont aussi les réfugiés, vus comme un fardeau et non comme une chance. Les détenus, qui sont oubliés dans des prisons dégradées, sans espoir d’amendement. Les exclus, les sans-abris, qui sont vus comme des problèmes plus que comme des humains. Les personnes en situation de handicap, réduits à leur apparence au mépris de leur vie. C’est la « part maudite » de notre société, pour reprendre la belle formule de Georges Bataille, qui dit tant de ce que nous sommes. Le regard que la société jette sur eux est bien le même : c’est, en vérité, une absence de regard. Nous passons sans les voir. Nous refusons même jusqu’au témoignage de leur fragilité. Je voudrais le dire avec force : cela n’est pas digne de nous ».

A vomir quand sa politique effective (il a même osé faire référence à Simone Weill pour illustrer le terme d’effectivité) est l’absolu contraire de ce discours aux accents jauressiens.

Comment peut-il se référer aux grandes figures qui ont façonnées notre Histoire et violer leurs idéaux dans toutes ses décisions politiques ?

Notre Narcisse s’est donc miré dans la Galeries des Glaces. Si la peinture de Houasse « Echo et Narcisse » est encore à Versailles, peut-être qu’un inconscient lui rappellera les paraboles de ce mythe grec.
Soyons convaincus que notre Narcisse n’aime que son reflet et toutes les Echo qui, à un moment ou un autre, ont succombé à son charme finiront dans les cavernes de l’histoire.

Quant à ceux qui le combattent, la conclusion est limpide et doit guider nos pas le long du chemin qui nous amènent vers des échéances primordiales :

Nous ne devons plus nous laisser corrompre par ceux qui, en se compromettant avec Narcisse et sa Cour, pensent qu’ils pourraient l’amener à entendre la voix des plus fragiles.
Nous ne devons plus suivre les Bernstein contemporains et devons réaffirmer notre fondement révolutionnaire. L’opportunisme et la tactique ne peuvent plus être une ligne de conduite.
Sortons de notre esprit le mythe de « l’action socialisante progressive sur l’économie capitaliste », pour reprendre la belle expression de Rosa Luxembourg dans son combat contre les réformateurs.

On les voit encore de nos jours, complètement ingérés par la Cour de ce Roi que nous devons combattre.


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