journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
JUIN 2018
polyculture
L'Italie et son histoire
par Michel S

À cet instant crucial où resurgissent, avec véhémence et simultanéité, nationalisme frileux, démagogie populiste et fondamentalisme moral, le retour vers l'exemple italien - L'Histoire de l'indépendance et de l'unification du pays, puis l'épisode tragique du fascisme et de l'Occupation -, nous paraît fondamental. Deux ouvrages, parus ces mois-ci, pourront utilement y contribuer : celui de Marie-Anne Matard-Bonucci ("Totalitarisme fasciste", Editions du CNRS) d'une part, et l'essai d'Elena Musiani ("Faire une nation - Les Italiens et l'unité", Folio-Histoire), d'autre part.

"C'est arrivé et tout cela peut arriver de nouveau : c'est le noyau de ce que nous avons à dire."

(P. Levi)



"Je vais dire ce qu'est la Sagesse et comment elle est née,/ Je ne vous en cacherai pas les mystères, /mais jusqu'à sa première origine je pousserai mon enquête ;/je mettrai en lumière ce qui peut en être connu,/et ne m'écarterai pas de la vérité.

(Sag. 6. 22)



À cet instant crucial où resurgissent, avec véhémence et simultanéité, nationalisme frileux, démagogie populiste et fondamentalisme moral, la notion de fascisme nécessite plus ample et scrupuleuse explication. L'analyse politique exige, par ailleurs, une recherche plus approfondie. Assiste-t-on, aujourd'hui, à la simple reconduction de phénomènes vécus autour des années 30 ? Ou s'agit-il de la légitimation et de l'institutionnalisation inédites d'un néo-conservatisme, inscrit dans la durée et à l'intérieur d'un système démocratique en faillite ? Quoi qu'il en soit, la nature du danger est identique : nous y résigner, c'est programmer le décès anticipé de notre propre liberté. La contribution récente d'une spécialiste reconnue du fascisme italien, Marie-Anne Matard-Bonucci, constitue une pièce importante du dispositif contre l'ignorance et l'aveuglement idéologique. Totalitarisme fasciste, publié aux Éditions du CNRS, rappelle, à l'instar d'Emilio Gentile*, que le fascisme italien procède de la même idéologie et des mêmes objectifs que le national-socialisme allemand. Le ventennio (1922-1943), inauguré par Benito Mussolini et ses adeptes, fut bien une ère de violence sans précédent et l'érection méthodique d'un totalitarisme absolu. Mussolini et ses faisceaux furent, sans aucun doute, des initiateurs. Un tel constat oriente naturellement l'historienne vers ce jugement : "Le fascisme ne fut pas la variante ensoleillée du national-socialisme mais un régime d'oppression et de terreur, fondé sur la violence. Pendant plusieurs années, il représenta un modèle et une source d'inspiration pour Hitler. [...] Carl Schmitt** élabora une partie de ses théories politiques des années 20 avec les yeux tournés vers l'Italie fasciste et construisit sa théorie de L'État total par une transposition fidèle du Stato totalitario."

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Or, le processus de banalisation et de réhabilitation du fascisme, entrepris depuis les années 90, s'est accéléré de façon exponentielle. En Italie, bien sûr, mais aussi chez nous, et partout en Europe. Ainsi, en septembre 2003, et, pour ne citer qu'un exemple, Silvio Berlusconi, ancien président du Conseil et chef de Forza Italia, osait déclarer : "Mussolini n'a jamais tué personne. Il envoyait les gens passer des vacances en relégation." Déjà auteure d'un ouvrage essentiel, L'Italie fasciste et la persécution des Juifs (2012), Marie-Anne Matard-Bonucci fait, bien entendu, un sort à de tels mensonges, proférés avec un mélange de mépris et de cynisme ostentatoires. "Nulle famille politique n'a cherché autant que le fascisme, écrit-elle, à formuler une acception positive de la violence. Accoucheuse de l'Histoire pour les marxistes, la violence est l'Histoire dans la doctrine fasciste : l'histoire en train de se faire, force vitale qu'il convient tout à la fois de canaliser et d'encourager pour forger un homme nouveau." Dans ce cadre-là, la jeunesse est forcément la clientèle privilégiée des dirigeants fascistes. Comme l'illustre le trop fameux Giovinezza, composé en 1909 par le jeune poète Nino Oxilia en tant que chant d'adieu à la vie étudiante. Cet hymne, augmenté d'un couplet belliciste, devint ensuite celui des squadristi et des camicie nere. Au-delà, et, comme le signalait Pierre Milza, à qui l'étude est dédiée, "le mythe de l'Italien nouveau a donc occupé une place centrale dans la culture, la politique et les objectifs du régime. Du succès de la révolution anthropologique dépendait, pour les fascistes [...] la réussite de leur projet totalitaire."***

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Fidèle à cette vision, qui est, aussi et surtout, celle d'Emilio Gentile, l'historienne consacre sa deuxième partie, Culture et société au pas romain, à un examen concentré de l'évolution de la doctrine fasciste et de la façon dont elle va affecter tous les aspects de la vie des Italiens, y compris au plan linguistique¹. Auparavant, Marie-Anne Matard-Bonucci démontre en quoi la violence, loin d'être seulement un accessoire obligé - le symbolique et brutal manganello -, est l'élément constitutif de l'idéologie fasciste. La politique du fascisme c'est la violence placée au centre de ses pratiques et de son pouvoir. La violence s'exerce, par conséquent, dès les origines qu'il convient, selon l'historienne, de pointer nettement plus tôt que l'on aurait tendance à le faire. Ainsi, s'éclaire également la cohérence du destin du licteur suprême, Benito Mussolini, alias le Duce. "La Grande Guerre occupe une place centrale dans le patrimoine génétique du fascisme", affirme-t-elle. On mettra, effectivement, en parallèle l'opinion d'un antifasciste notoire, le socialiste Angelo Tasca, et celle de Mussolini rendant hommage au squadriste Federico Florio. Le premier note, dans son livre Naissance du fascisme : "Au cours de la lutte pour l'intervention commence aussi à se fixer, dans les faisceaux de 1914-15, ce complexe de démagogie, de nationalisme exaspéré, d'antisocialisme et de réaction qu'on retrouve dans les faisceaux de 1919-22 [...] Entre mai 1915 et octobre 1922, la filiation est donc directe et ininterrompue." De son côté, le Duce déclare, à propos du sacrifice (sic) du chef des squadristi de Prato : "Après la Grande Guerre, après l'expédition de Fiume, lui aussi était venu au fascisme, comme à l'issue naturelle et logique de la renaissance nationale commencée au mois de mai 1915." Aussi, au sortir du premier conflit mondial, Mussolini considérait, désormais, qu'il serait, lui et ses adeptes, la force de l'avenir. Son ascension, qui n'avait rien d'irrésistible, s'accroît, avant tout, à l'instant où le "danger révolutionnaire paraît à peu près écarté" (P. Milza) : au cœur de cette progression, il y aura, de façon continue et paroxystique, la création d'un climat de terreur et de violences. L'historienne met en évidence ce fait, déjà signalé ailleurs : "La violence fasciste n'est pas seulement politique. Elle vise aussi à restaurer, très immédiatement, un ordre social sérieusement contesté lors du biennio rosso**** (1919-20)", note-t-elle. D'où la duplicité des forces de sécurité légales qui, à quelques rares exceptions près, n'interviendront jamais pour réprimer les exactions illégales des chemises noires à l'endroit des municipalités de gauche, sièges socialistes ou syndicaux, des maisons du peuple... L'auteure ajoute que ces sévices s'effectuent au moment du repli du mouvement revendicatif et dans les zones qui ont connu des luttes très intenses. Le fascisme apparaît, dès lors, pour ce qu'il est : une idéologie au service du conservatisme social. De fait, la marcia su Roma (28/10/1922) "loin d'être une simple démonstration de force, donne l'occasion aux fascistes d'accélérer le démantèlement des organisations ouvrières et paysannes." (M.-A. Bonucci). À terme, c'est la destruction complète des institutions démocratiques et la mise au pas des citoyens italiens qui sont programmées. Début 1923, avec la création de la Milice volontaire pour la sécurité nationale, le dictateur entame le processus d'officialisation de la violence qu'il veut entièrement contrôler. L'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti (juin 1924), qui dénonçait les irrégularités du scrutin d'avril courant, constituera un tournant. L'émotion soulevée par ce meurtre obligera Mussolini, temporairement affaibli, à une contre-offensive, symbolisé par un discours prononcé à la Chambre (3/01/1925), et, dans lequel le Duce jette le "masque de la conciliation." (P. Milza). En novembre de l'année suivante, à la suite d'un attentat manqué contre le dictateur - en réalité, une provocation policière -, Alfredo Rocco, ministre de la justice et des affaires du culte, fait voter des lois de défense de l'État (les lois fascistissimes) qui consacrent la fascisation totale de la nation. Le secrétaire national du Parti au pouvoir, Roberto Farinacci, peut alors déclarer : "En Italie, personne ne pourra être antifasciste, car, l'antifasciste ne peut pas être italien." À partir de là, et, suivant la démonstration et le jugement de Marie-Anne Matard-Bonucci, "il convient de ne pas minimiser le climat de peur voire de terreur, qu'inspira la dictature même si la répression fut moindre en Italie que dans l'Allemagne nationale-socialiste."

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Tout au long des chapitres 2 et 3, l'historienne revient sur un aspect plus méconnu de la politique fasciste : la violence coloniale et celle liée à l'entrée dans la Seconde Guerre mondiale. Conformément à l'ambition de Mussolini - projeter l'Italie à une place de choix dans un nouvel ordre international ("le rêve impérial", selon une forte connotation romaine) -, l'aventure coloniale reprend pied en Abyssinie. L'auteure en souligne d'emblée le paradoxe : "Guerre d'expansion menée à contretemps de l'histoire, à une époque où les prémisses de la décolonisation apparaissaient dans plusieurs des Empires, la conquête de l'Éthiopie fut la seule entreprise de conquête coloniale d'outre-mer menée par une puissance totalitaire. Guerre coloniale, elle fut aussi nationale et totale par l'ampleur de la mobilisation des Italiens sur le plan militaire, politique et idéologique." De ce point de vue, on ne doit pas oublier l'attrait qu'elle aura, autant auprès des nouvelles générations que chez les anciens compagnons de route du fascisme. Tous sont imprégnés des conceptions propagées par le Duce : la guerre constitue "l'examen des peuples" ; en elle, se mesurent le dévouement à la patrie, le courage et la virilité. L'officier
arditi Giuseppe Bottai (1895-1959), devenu ministre de l'Éducation en 1936, écrira dans la revue Critica fascista : "L'Italien d'aujourd'hui est soldat. Il l'est naturellement." La conquête coloniale, mise en œuvre par le régime mussolinien, revêtira, par ailleurs, des formes inexpérimentées, en matière de brutalité et de racisme. "Le fascisme imposa une domination directe sur le pays. [...] (il) prétendait rompre avec l'ordre féodal et inventer une nouvelle forme de colonisation, rejetant aussi bien le modèle britannique de l'indirect rule qu'une politique visant à l'assimilation", analyse l'historienne. Le dictateur italien proclama, face au Grand conseil du fascisme (nov. 1936), la nécessité "d'affronter le problème racial et de l'introduire dans la littérature et la doctrine fascistes." Si, l'Italie n'était pas la seule puissance à établir sa domination suivant une idéologie raciale, elle devint, en revanche, l'une des rares puissances européennes à en décréter le caractère immuable et définitif. Conséquence logique d'une telle orientation, le fascisme italien conduisit jusqu'à la chute de l'Empire "une véritable politique de terreur lors de campagnes alternativement nommées opérations politico-militaires, manœuvres de pacification, ratissages, liquidation. Massacres, incendies, exécutions sommaires, bombardements et usage de gaz, internement dans des camps de concentration : aucune forme de violence ne fut proscrite pour venir à bout de la résistance éthiopienne." (M.-A. Bonucci). Or, si l'Empire avait été annoncé, à cor et à cri, le fascisme n'en contrôla jamais qu'un tiers de ses territoires. Preuve en est, "ni le roi, ni le Duce ne s'aventurèrent dans la corne de l'Afrique le temps de la domination impériale." (id.) Durant de nombreuses années, tout de même, "dans l'Italie républicaine, la mémoire dominante imposa l'image d'un fascisme bon enfant dans les colonies." (id.)

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En son temps, pourtant, la guerre d'Éthiopie contribua à défaire l'image d'une Italie respectueuse des traités internationaux. Sanctionnée par la SDN (18/10/1935), l'Italie fasciste opéra, dès lors, un rapprochement plus net avec Berlin et fit son entrée dans le théâtre des opérations militaires. La Guerre d'Espagne (juillet 1936) marqua le durcissement du régime et son engagement aux côtés des visées expansionnistes d'Adolf Hitler (Axe Rome-Berlin, septembre 1937).***** Quoi de surprenant ? Mussolini avait toujours repoussé le pacifisme, le dénonçant comme "une fuite devant la lutte et une lâcheté devant le sacrifice." (in : La Dottrina del fascismo). Enfin, le dictateur italien avait des ambitions spécifiques : les grandes lignes d'une marche vers l'Océan (mémoire du 31/03/1940) furent tracées. La Corse, la Tunisie, Malte, Chypre, le canal de Suez et Gibraltar seraient sous le contrôle italien. Alors qu'auparavant, la dictature fasciste s'arrogerait des droits partiels ou complets dans les Balkans voire en France. "Le Second conflit mondial aurait dû être l'apothéose d'un régime qui n'avait cessé de préparer sa population à la guerre. Mais le rêve se réalise trop tôt au goût de Mussolini, le pays se relevant à peine de la conquête de l'Éthiopie et de l'intervention en Espagne. Très vite, la guerre parallèle****** devient "guerre subalterne" [...]. À mesure que les revers militaires s'accumulent, Mussolini désespère de pouvoir transformer les Italiens en un peuple de guerriers", note l'historienne. Ce sont ces difficultés objectives qui précipiteront la chute du fascisme italien. L'épisode éphémère de la République sociale italienne (RSI), sise à Salò ("Un État collaborationniste à la dérive"), et, que proclame, à partir de Munich (23/09/1943), un Duce, sauvé de justesse par un Führer, ne sera que l'avatar brutal et cruel d'un fascisme chaotique et vassalisé, s'efforçant, en pure perte, de rallumer la flamme. "Les travaux consacrés au système de pouvoir et aux forces politiques et militaires du régime ont montré de quelle manière le gouvernement républicain, par ses décisions de politique intérieure, avait contribué à la radicalisation des violences contre les adversaires politiques, tout particulièrement à partir du printemps 1944", indique Marie-Anne Matard-Bonucci, mentionnant, en particulier, le volume Zone di guerra, geografie di sangue, L'atlante delle stragi naziste e fasciste in Italia (1943-45), enquête réalisée par des universitaires et des Instituts historiques de la résistance. Elle conclut ce chapitre ainsi : "En définitive, affirme-t-elle, la RSI fut bien un retour aux sources du fascisme, moins par sa dimension sociale et républicaine que par la débauche et l'ostentation de la violence. Contrairement à ses prédictions, et en dépit de la véritable hantise qu'eut Mussolini pendant les six cents jours de Salò de passer pour un Quisling*******, la mémoire collective ne devait conserver que le souvenir d'un gouvernement de fantoches dominé par l'occupant et voué seulement à réprimer et massacrer."

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La troisième et dernière partie de Totalitarisme fasciste est consacrée à une thématique déjà profondément travaillée par l'historienne : le racisme et l'antisémitisme fasciste. Après avoir dûment rappelé l'occultation, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des persécutions antisémites, en Italie comme dans l'hexagone, l'auteur signale surtout la sous-estimation des responsabilités italiennes dans la dynamique de l'antisémitisme d'État. Le mythe d'un fascisme italien peu imprégné d'antisémitisme continue, en effet, à perdurer. Des intellectuels intransigeants comme Léon Poliakov ou Hannah Arendt ont, eux aussi, versé dans les stéréotypes courants du bravo italiano. Les études historiques abordant la question de la persécution des juifs, au cours des dernières années du ventennio, longtemps rares, constituent désormais l'un des secteurs les plus actifs de l'historiographie du fascisme. Un des historiens fondamentaux du fascisme, tout à la fois singulier et contesté, Renzo De Felice (1929-1996), publia, en 1961, un travail pionnier sur ce sujet avec la Storia deli ebrei italiani sotto il fascismo. "Dans ce livre majeur, l'historien produisait des sources très nombreuses, issues des fonds de l'Union des communautés juives italiennes mais aussi des archives de l'État italien. Il y dressait un tableau très précis des persécutions antijuives, soulignant l'adhésion à l'antisémitisme d'État de larges secteurs de la culture italienne et d'une partie importante des fascistes, en particulier de la jeunesse." (M.-A. Bonucci).******** Au-delà, De Felice, auteur d'une monumentale biographie de Mussolini, non encore traduite en français, avait le mérite considérable d'évaluer les responsabilités italiennes à leur juste niveau. Il soulignait que la décision d'exclure les juifs, à l'été 1938, avait été prise sans que l'Allemagne nazie n'exerce de pression directe sur son allié : l'historienne indique, pour sa part, que l'examen des archives allemandes confirme cette assertion. Reste à interroger l'origine et la raison de mécanismes d'exclusion qui, contrairement à l'Allemagne de Hitler ou la France du maréchal Pétain, n'interviendront que quinze années plus tard après l'accession des fascistes au pouvoir. Pour l'heure, les historiens demeurent partagés et diverses hypothèses ont été proposées que Marie-Anne Bonucci expose brièvement. De son côté, étant partie prenante du débat, l'historienne avance les arguments du mouvement et de la fascination. Dès novembre 1937, le Duce déclarait : "Quand s'achèvera la guerre d'Espagne j'inventerai autre chose ; mais le caractère des Italiens doit se forger au combat." Ne confiait-il pas, en outre, à Emil Ludwig : "La négation, l'immobilité éternelle, voilà la malédiction. Je suis pour le mouvement. Je suis un voyageur" ********* Un voyageur hélas toujours plus terrible et obscur... L'Allemagne nazie s'élevait maintenant en modèle pour l'ensemble du fascisme européen. De fait, Marie-Anne Matard Bonucci écrit : "La prise en compte de la fascination qu'exerçait le totalitarisme nationaliste et l'impact créé par la constitution, en Europe occidentale, d'une patrie de l'antisémitisme, n'enlève rien au poids de logiques proprement endogènes et nationales qui conduisirent certains États à s'engager, à leur tour, dans la voie de l'exclusion des juifs. Le voyage de Mussolini en Allemagne, du 25 au 29 septembre 1937, représenta sans doute un moment important dans la maturation de la décision." Aspect non moins éclairant : dès lors que les lois d'exclusion des juifs se mirent en place dans la péninsule, elles s'appliquèrent de la manière la plus efficace. L'administration réagit avec une discipline exemplaire. "Ainsi, son rôle d'adjuvant de l'antisémitisme d'État procédait moins d'une logique idéologique que de l'application stricte de la loi et des règlements, situation observée également dans le contexte de Vichy", fait remarquer l'historienne qui ajoute, quelques lignes plus loin, et, en guise de conclusion : "Les lois antijuives de 1938 ne furent ni un produit d'importation ni la conséquence de pressions de l'Allemagne. Elles ne furent ni un gage d'amitié ni une monnaie d'échange. [...] Si l'adoption des lois raciales représenta bien "un tournant" dans l'histoire du régime, dès l'été 1938, l'antisémitisme devint une composante à part entière de la culture et des pratiques politiques du fascisme." De ce point de vue, il nous importe, grâce à ce livre et quelques autres, d'en répandre l'idée. Afin que le fascisme, ici ou ailleurs, ne soit pas banalisé.

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On ne déchoit pas sans raison : l'aboutissement fasciste a des racines profondes. Étudier l'histoire des luttes italiennes pour l'indépendance et l'unité, puis, en considérer les contradictions et les problèmes nous paraît, de ce point de vue, encore justifié. Ainsi, l'ouvrage d'Elena Musiani, Faire une nation : Les Italiens et l'unité (XIXe siècle - XXIe siècle), publié chez Gallimard-Folio, se nourrit, à son tour, d'une actualité brûlante. La question de l'identité nationale italienne demeure un sujet fragile. Enseignante à l'Université de Bologne, spécialiste de l'histoire des femmes en Italie, Mme Musiani écrit en introduction : "Dès le XIXe siècle, la naissance de l'Italie contemporaine a, bien sûr, fait l'objet d'une immense et riche historiographie, mais à un moment où une passion nationale renaît dans une Europe sans frontières, le problème mérite d'être réexaminé car l'idée même de nation, revendiquée comme un titre de gloire et une promesse de progrès par les Européens du XIXe siècle, est soumise aux vents mauvais d'un nationalisme prompt à réinterpréter les composantes historiques, les grands événements et le profil des héros qui l'ont façonnée." Face à un monde en mutation, l'enjeu est effectivement capital. Présentement, ce sont les mythes d'une nation unifiée qui méritent d'être réinterrogés et élucidés. À vrai dire, si le 150e anniversaire de l'unité de l'Italie - le 17 mars 2011 - a bien suscité de nombreux hommages et commémorations, il n'a point donné lieu, néanmoins, à de vrais débats, tout à la fois politiques et historiques. On est donc à peu près sûr que chacun, et, suivant sa coloration politique voire religieuse, aura du Risorgimento sa propre version, sans que, d'un côté comme de l'autre, n'intervienne une modification d'ensemble qui rapproche les Italiens d'eux-mêmes, nonobstant leurs clivages ou leur appartenance sociale. Ce n'est pas tant de l'Italie elle-même dont il faut disserter que de la façon dont on construira l'Italie, et, afin que l'Italie existe au-delà des discours. Massimo d'Azeglio, l'un des artisans du Risorgimento, chef du gouvernement de Piémont-Sardaigne de 1849 à 1852, décédé bien avant l'unification complète du Royaume, n'aurait, par conséquent, pas encore vieilli, lui qui déclara jadis : "Nous avons fait l'Italie, nous devons faire les Italiens." Du reste, si l'Italie est forcément européenne, encore le sera-t-elle plus foncièrement si les Italiens, du Nord au Sud, se reconnaissent dans leurs institutions et leurs représentants politiques.

Il n'est pas question de décrier l'œuvre accomplie pour édifier une nation italienne digne de ce nom - si l'on veut bien excepter la parenthèse antidémocratique du ventennio fasciste -, mais, on doit reconnaître la prégnance de désordres récurrents que soulève âprement les inégalités du développement économique péninsulaire. Du reste, lorsque nous parlons de parenthèse à l'endroit du fascisme, nous n'avons qu'à peine raison. Le ventennio n'a, de ce point de vue, guère contribué à la résolution des antagonismes et des complexités italiennes, tout au contraire. L'affirmer et le démontrer revêt une importance primordiale, à l'heure où les porteurs d'un nationalisme étroit et outrancier voudrait maintenir, ad vitaem aeternam, l'éternelle disparité entre régions fortes et régions faibles. Nous avons exposé, plus haut, et, à travers l'étude de Mme Matard-Bonucci, la collusion entre la monarchie piémontaise, la grande bourgeoisie italienne et le fascisme. Pourtant, ce fut de Giuseppe Mazzini et de Garibaldi que se réclamèrent, très souvent, les adeptes de Mussolini. Nous y décelons là un paradoxe supplémentaire. À vrai dire, le Duce n'en était plus à une contradiction près. Ainsi, son hostilité anticléricale, réactivée au moment des dispositions antijuives**********, le conduisit, cependant, aux Accords du Latran (11/02/1929) qui instituèrent, pour une éternité, la religion catholique comme unique religion de l'État italien !

En réalité, et, depuis la révolution républicaine manquée de 1848-49, l'Italie fut divisée par la question des institutions politiques. Il fallut la déchéance du fascisme pour que la péninsule abolisse enfin la gouvernance exercée par le monarque piémontais. Or, dès les premières batailles du Risorgimento s'affrontaient deux conceptions divergentes : "d'un côté, une voie démocratique incarnée par Mazzini, Manin... qui pensaient l'Italie en république et ouvraient la lutte aux petites classes moyennes des cités, de l'autre, l'option des grands notables libéraux, soucieux de préserver la monarchie et les hiérarchies sociales." (E. Musiani). L'une comme l'autre, demeuraient, cependant, très éloignées des réalités d'une paysannerie pauvre et morcelée qui formait l'essentiel des populations transalpines. Au lendemain de l'unification et de l'installation du Roi Victor Emmanuel II au palais du Quirinal (Rome), l'Italie "ressemblait plus à une extension territoriale du Piémont qu'à un nouvel État unitaire." (E. Musiani). D'autant qu'avait été maintenu l'ancien Statuto de 1848 sacralisant la monarchie en tant que garante de l'unité et de la liberté. Certes, la nation fut possible grâce à l'habileté et l'intelligence du comte de Cavour, aristocrate aux idées libérales, mais, elle n'apportait aucune assurance que l'Italie ne soit autre chose qu'une idée imparfaitement réalisée. Le caractère foncièrement bourgeois des institutions privait le pays d'un avenir stable et solide. "Un lien avec un passé fondateur aurait-il été rompu dans l'Italie contemporaine ?", interroge l'historienne. Nous sommes, pour notre part, volontiers optimiste : de ce passé, il en reste sûrement beaucoup. Toutefois, la mémoire ne doit pas rester en sommeil : conserver "le fil rouge du combat unitaire" nécessite forcément une nouvelle réflexion du peuple italien tout entier. De celle qui lui épargneront, tout à la fois, l'uniformisation technocratique et le rétrécissement identitaire.

Le 9/06/2018.

S.M.


P.S. Autre publication salutaire, la réédition du roman Cantoni il volontario (1870) de Giuseppe Garibaldi, figure de proue du Risorgimento. Certes, le révolutionnaire n'a point l'étoffe du romancier. À vrai dire, il confond son héros et son propre combat - le combat d'une vie. Tout le monde le sait : on épouse des idées similaires selon des motivations dissemblables. Qu'importe ! Ainsi fait, Cantoni nous plaît parce qu'il nous parle encore de Garibaldi. "Un Italien est toujours un peu en représentation ; et quand cet Italien a la stature de Garibaldi, ce n'est plus de théâtre qu'il faut parler mais d'opéra", écrit Julien Dupré, le préfacier. Aussi, ses romans - il y en eut trois - seront-ils longs, au sens de : chargés de discours, c'est-à-dire de ces déraillements verbaux sans fin, auxquels il nous plaît de prêter une oreille aussi amusée qu'admirative. "L'amertume du vieux guerrier" (J. Dupré) surgit dans cette œuvre défaite, émaillée d'imprécations contre la Papauté, baptisée ici nécromancie - appréciez, à ce propos, les chapitres IV et XIV, Le Jésuite et La Confession -, le politicien véreux et la foule esclave. C'est tout lui... l'homme qui n'a jamais vraiment rangé ses armes au placard. Désordonnée, sa plume est toujours alerte et vengeresse. "Je lègue, disait Garibaldi, mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie." Cantoni le volontaire reste dans le droit fil de cet engagement. À relire sans modération.



* M.-A. Bonucci, Totalitarisme fasciste, CNRS Éditions, Paris, 2018. 25 euros.

* E. Musiani, Faire une nation. Les Italiens et l'unité, Gallimard, Folio-Histoire, 2018. Cat. F7b.

* G. Garibaldi, Cantoni le volontaire. Trad. T. Martello, La Fosse aux Ours (Lyon), 2018. 20 euros.




* Emilio Gentile, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rome "La Sapienza", écrit dans Qu'est-ce que le fascisme ? : "Le fascisme est un phénomène politique moderne, nationaliste et révolutionnaire, antilibéral et antimarxiste, organisé en parti-milice, avec une conception totalitaire de la politique et de l'État, avec une idéologie activiste et antithéorique, avec des fondements mythiques, virilistes et antihédonistes, sacralisée comme une religion laïque, qui affirme le primat absolu de la nation, entendue comme une communauté organique ethniquement homogène, hiérarchiquement organisée en un État corporatiste, avec une vocation belliqueuse à la politique de grandeur, de puissance et de conquête, visant à la création d'un ordre nouveau et d'une civilisation nouvelle." Michel Winock ajoute, pour sa part : "[...] l'originalité du fascisme est que, tout en étant un mouvement réactionnaire, il est aussi un mouvement "révolutionnaire". Il ne veut pas simplement changer un régime parlementaire en régime de pouvoir personnel, il veut créer un "homme nouveau". C'est le but d'un régime qui sera totalitaire et belliciste." (in : Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Seuil, 1982). D'un autre côté, le Duce définit, lui-même, le fascisme ainsi, dans l'officielle Enciclopedia Italiana de 1934 : "L'État fasciste, forme la plus haute et la plus puissante de la personnalité, est force, mais force spirituelle. [...] Le fascisme, en somme, n'est pas seulement un organe législatif et institutionnel, mais il est aussi l'éducateur et le promoteur de la vie spirituelle." On en retrouve les mêmes termes dans Dottrina del fascismo de 1932, dans laquelle est affirmé : "En ce sens, le fascisme est totalitaire et l'État fasciste, synthèse et unité de toute valeur, interprète, développe et domine toute la vie du peuple." (B. Mussolini).

** Carl Schmitt (1888-1985), juriste et philosophe d'origine prussienne et catholique. Il définit une pensée antilibérale, reposant sur la notion d'État total dans une économie libre. Il adhère au Parti national-socialiste dès son accession au pouvoir : devenu le juriste officiel du régime, il en est pourtant évincé en 1936.

*** P. Milza : Histoire de l'Italie, Librairie Arthème Fayard, 2005.

¹ Lire : L'anti-Lei : utopie linguistique ou projet totalitaire ? (A. Matard-Bonucci).

**** Biennio rosso (en français : les deux années rouges) caractérise une période (printemps 1919 - septembre 1920) de l'histoire italienne marquée - surtout dans le Nord - par un puissant mouvement de protestation sociale, autant dans la paysannerie que dans la classe ouvrière (émeutes contre la vie chère, grèves, occupations de terres et des usines). En août 1920, 300 usines de Turin, Milan et Gênes sont occupées par plus de 400 000 travailleurs qui organisent leurs milices armées. La répression violente du biennio rosso (227 morts, 1072 blessés) ne traduit pas, pour autant, la défaite du mouvement ouvrier et paysan. Or, les états-majors syndicaux et le PSI (Parti socialiste) acceptent l'arbitrage de Giovanni Giolitti, alors président du Conseil. "La fin de l'occupation des usines laisse aussi bien aux ouvriers qu'aux industriels l'impression d'avoir subi une défaite. Les ouvriers ont obtenu, en plus du contrat collectif, le "contrôle syndical sur l'industrie". Mais qu'est-ce à leurs yeux que cette vague Commission instituée par décret du 15 septembre, par rapport au mirage entrevu pendant quelques semaines dans les usines occupées ? ", écrit Angelo Tasca. (in : Naissance du fascisme). "Au début de 1921, l'échec de l'offensive prolétarienne est total, et c'est au creux de la vague [...], que les possédants passent à la contre-attaque. Industriels et agrariens s'organisent dans de puissants syndicats patronaux : la Confindustria et la Confagricoltura. Surtout, ils commencent [...] à financer le fascisme et à utiliser les services de ses bandes armées pour démanteler les organisations ouvrières et paysannes", note, pour sa part, P. Milza. (in : op. cité). Pour le patronat, l'heure de la vengeance a, en effet, sonné, afin de "purifier le temple violé de la propriété." (A. Tasca). Troisième élément de réflexion : le penseur communiste Antonio Gramsci. Dans sa préface à Pour Gramsci, M.-A. Macciocchi note, à la date du 25/06/1975 : "Enfin, Gramsci (ndlr : mort dans les geôles de Mussolini, le 27 avril 1937) est le seul à analyser avec courage les responsabilités du mouvement ouvrier face au coup d'État. C'est probablement une des raisons pour lesquelles les écrits de Gramsci de 1923 à 1926 sont encore inconnus." Un texte d'Antonio Gramsci, daté de 1923, Per la verità, exprime ce point de vue : "[...] Voilà quelle était la raison essentielle de la défaite des partis révolutionnaires italiens : ne pas avoir eu d'idéologie, ne pas l'avoir communiquée aux masses, ne pas avoir fortifié la conscience des militants à l'aide de convictions tant morales que psychologiques. Comment peut-on alors s'étonner que quelques ouvriers soient devenus fascistes ?"

***** L'historien R. De Felice estime, pour sa part, que "l'Italie ne joue aucun rôle dans la conception et la préparation du soulèvement militaire du 17 juillet 1936." Son intervention n'est ni déterminée par des considérations d'ordre idéologique, ni par le souhait de voir s'instaurer un régime fasciste en Espagne, écrit-il en substance, mais plutôt par la crainte d'une alliance stratégique entre la France et l'Espagne. En outre, il pense que l'Allemagne "pousse l'Italie dans les sables mouvants espagnols, à seule fin d'anéantir la possibilité d'un rapprochement italo-anglais. "C'est un véritable piège que l'Allemagne tend à l'Italie, ce dont ne se rend absolument pas compte Ciano qui s'est attribué la direction de la question espagnole avec beaucoup de légèreté et de façon irréfléchie. Mais si l'Italie s'engage de plus en plus nettement en Espagne, c'est aussi en raison de la participation des antifascistes dans le camp des républicains [...], le gouvernement de Rome craint qu'une infection rouge puisse également contaminer l'Italie", affirme-t-il. (in : Breve storia del fascismo - La politica estera del fascismo, Mondadori Editore, Milan, 2000).

****** "À cet effet, Galeazzo Ciano, ministre des Affaires étrangères et gendre du Duce, lors de sa visite à Berlin le 7 juillet 1940, réaffirme et complète les revendications italiennes. [...]. Son hypothétique réalisation ferait de l'Italie la première puissance méditerranéenne, renforcerait considérablement sa présence en Afrique et la placerait en position de gardienne de la mer Rouge et de l'un des principaux accès à l'océan Indien et à la route des Indes. La grandeur du programme nécessite une force militaire en adéquation, ce dont l'Italie fasciste ne semble pas disposer." (Ph. Foro, in : Dictionnaire de l'Italie fasciste, Vendémiaire, 2014).

******* Vidkun Quisling (1887-1945). Ministre-président du gouvernement collaborationniste en Norvège (entre 1942 et 1945). Son nom est devenu synonyme de trahison. Après la libération du pays, il sera jugé et condamné à mort.

******** Mussolini déclarait au journaliste allemand Emil Ludwig (alias Cohn), lui-même né dans une famille juive : "L'antisémitisme n'existe pas en Italie. Les Juifs italiens se sont toujours bien comportés comme citoyens et bravement battus comme soldats. Ils occupent des situations éminentes dans les universités, dans l'armée, dans les banques." Ces considérations étaient incluses dans une série d'entretiens, désormais bien connus, et, datés de fin mars/début avril 1932. Or, dès l'été 1938, la nomenclature fasciste s'impliqua, avec ferveur, dans l'exultation antisémite.
Vent'anni, l'organe du GUF (Groupes universitaires fascistes), appelait à la démolition du raciste réservé. Il Lambello, le "torchon" des étudiants fascistes de Turin, incitait, pour sa part, "à haïr le juif jusqu'à la mort et à détruire le bourgeois, son frère d'action." Ce qui ne manquera pas de faire sourire, le juif, copieusement associé au bourgeois, pouvait également, à d'autres moments, se révéler judéo-bolchévik.

********* In : Entretiens avec Mussolini. Emil Ludwig. Éditions Perrin, coll. Tempus, 2016.

********** Le 6/09/1938, alors que le gouvernement fasciste prépare ses leggi razziali (18/09/1938), et, que le Duce proclamera depuis l'hôtel de ville de Trieste, patrie d'Italo Svevo et d'Umberto Saba, le pape Pie XI déclare à un groupe de pèlerins belges : "Par le Christ, et dans le Christ, nous sommes dans la descendance spirituelle d'Abraham. Non, il est impossible aux Chrétiens de participer à l'antisémitisme. [...] Nous sommes spirituellement des sémites." (in : S. Bernay, L'Église de France face à la persécution des juifs, 1940-44, CNRS Éditions, 2012).


1 - "Vecchia guardia" (1935, A. Blasetti). Un des films de propagande fasciste les plus réussis. (Photo, coll. Franco Brambilla, l'adolescent Mario dans le film).

2 - Exemple d'architecture fasciste promu et pratiqué par le "Gruppo 7", mouvement formé en 1926 et officialisé en 1930. Ici, le Musée de la civilisation romaine (EUR).

3 - Créée par Asvero Gravelli (1902-1956), "Antieuropa" fut une des revues mensuelles les plus impliquées dans la diffusion de l'idéologie fasciste.

4 - L'équipe nationale italienne, double vainqueur de la Coupe du monde (1934-38). En 1938, elle était organisée en France.

5 - "La Difesa della Razza" (5/08/1938). L'Italien nouveau séparait les aryens des non-aryens au moyen d'une épée : outil, celle-ci pouvait également devenir une arme.

6 - Affiche de "Camicie rosse" (1952, G. Alessandrini, F. Rosi). Le film racontait l'épisode de la République de Rome (1849). Garibaldi était le héros du film.


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