journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
AVRIL 2018
travail de mémoire
1945 ou La Juste Route (2015, F. Török)
par Michel S

"Il est raisonnable d'appréhender 1945 ou La Juste Route" au-delà d'une dimension historique concrète. Les films hongrois, dans leur globalité, sont là pour témoigner : l'actualité politique les suscite ou les provoque. Durablement isolée sur la scène européenne, longtemps opprimée par les grandes puissances, la Hongrie, anxieuse quant à son avenir et soucieuse de conserver une identité rare et unique, croit, dès lors, impératif d'élever clôtures impénétrables à ses confins. Or, il n'y aura de Hongrie forte que si la nation propage, ailleurs qu'en ses limites géographiques, le prestige de sa culture, de son intelligence et de son savoir-faire.


Certes, coupables nous le sommes tous ici, notre peuple autant qu'un autre,/Nous connaissons nos fautes, nous savons comment et quand nous avons transgressé,/Mais il y a des vies sans reproche, pleines de labeur, de poésie et de passion,/et aussi des nouveaux-nés, avec une capacité infinie de compassion - (Miklós Radnóti*, 17/01/1944).

La Hongrie ne sera jamais un pays véritablement avancé et civilisé si ceux qui sont appelés à la diriger sur le plan politique et sur le plan culturel ne voient pas les contrastes qui existent dans l'histoire de notre pays, ne rejettent pas avec répugnance tout ce qu'elle comporte de détestable et de haïssable. (Miklós Jancsó).



Annoncée initialement le 20 décembre, différée au 17 janvier 2018, la sortie de 1945 ou La Juste Route de Ferenc Török semble confirmer une renaissance, celle du cinéma hongrois. Présenté à la Berlinale de février 2017, le film fut remarqué, même s'il n'obtenait nulle récompense significative, contrairement au magistral Corps et Âme de Ildikó Enyedi que les spectateurs français ont pu découvrir le 25 octobre dernier. Enfin, comment oublier aussi le choc qu'avait constitué l'implacable Fils de Saul de László Nemes**, Grand Prix du Festival de Cannes 2015? Tout comme ses deux compatriotes, Ferenc Török, 46 ans, demeure largement méconnu ici. 1945 est pourtant son vingt-troisième film - le cinéaste ayant, en outre, beaucoup travaillé pour la télévision. Quoi qu'il en soit, nous ferons remarquer que le Budapestois Török choisit le noir et blanc, comme Béla Tarr ou Enyedi dans Mon XXe siècle (1989) - la réalisatrice signant là un merveilleux préambule à une carrière hélas plutôt confidentielle.


Au-delà des similitudes premières, 1945 et Mon XXe siècle, très différents cependant, et, il eût été anormal qu'ils ne le soient pas, suscitent un réseau fabuleux de réflexions et d'interrogations sur un siècle. Ildikó Enyedi débutait son film en 1880, au moment où Edison inventait l'électricité. Le siècle qui arrivait était donc le siècle de la lumière. Beaucoup l'ont affirmé et répété : tout était si prometteur ! Or, en 1945, la civilisation européenne venait de vivre la plus meurtrière, la plus dévastatrice et la plus abjecte des expériences. Il fallait pourtant renaître et espérer à nouveau. D'un côté, et, à rebours des tendances contemporaines, Ildikó réinstaurait un cinéma oublié : celui providentiel de l'invention du cinématographe dans un moment très bref où science, technique et poésie coexistaient harmonieusement. Elle affirmait d'ailleurs ceci : "Les découvertes techniques ont perdu leur aspect miraculeux, magique, et peuvent même devenir dangereuses pour l'homme. En fait, tout ce qui est utilisé pragmatiquement devient tôt ou tard destructeur, même si on se comporte au nom de rationalités économiques pour le bien de l'humanité." Ainsi, l'avions-nous, sans doute, perdu de vue, à l'instant où s'érigaient en Europe des systèmes totalitaires. La leçon vaut aussi pour le présent. Du reste, avec le national-socialisme, l'irrationnel, autrement dit l'idéologie obscure et ignare, s'érigeait en rationalité concrète : on organisait pragmatiquement la déportation des impurs, au nom d'une race pure, au préalable soigneusement définie.


Aussi, s'agissant de 1945 (devenu La Juste Route), et, dans un contexte radicalement discordant, l'analogie du retour aux sources interrogera forcément. Relisons ce qu'écrit B. Génin pour Positif de ce mois-ci : "L'arrivée d'un train dans une gare : image hautement cinématographique, surtout en noir et blanc. Sans remonter au plan historique des frères Lumière à La Ciotat, celle qui ouvre ce film hongrois nous ramène au temps du renouveau d'un cinéma qui nous avait éblouis dans les années soixante."¹ Effectivement, l'art de la mise en perspective, de la composition des plans, du cadrage longuement mûri et de la lumière subtilement ouvragée, ressuscitent la science des opérateurs d'autrefois. Celle d'un János Kende, d'un Sándor Sára, d'un Tamás Somlo ou d'un János Tóth, au service de cinéastes comme Miklós Jancsó, Ferenc Kósa, István Szábó et Károly Makk. La plastique n'était néanmoins jamais gratuite ou dispendieusement sophistiquée. Elle épaulait une esthétique économe, sobre et parfois sévère. On pourra cependant, utile digression, invoquer Chaplin et ses Modern Times, à travers la scène on the road, père et fils enfin libres, dressés contre l'anonymat avilissant et la cruauté du chauvinisme plébéien.


Aspect plus insistant de la filmographie magyare, la question juive, comme révélateur d'une hantise identitaire et d'une culpabilité communautaire, ne cesse de tarauder les réalisateurs. Qui sont ces deux Juifs - orthodoxes sans doute - qui, descendent en gare, puis marchent, d'un pas décidé, sur la route déserte et vers un lieu que nous ne connaissons pas encore ? Les villageois ne les attendaient pas. Qui sont-ils et que veulent-ils ? Ils introduisent le spectre de la question juive qui tourmente la société magyare***. Alors que les ruraux préparent un mariage protocolaire auquel tous les habitants, sans exception, auraient été conviés. Mais, nous sommes en août 1945. Comment croire, alors que les opérations antagoniques - combats d'un acharnement et d'une brutalité extraordinaires - entre l'Armée Rouge, dirigée sur ces terres par feu-le maréchal Fiodor Tolboukhine, et la Wehrmacht, flanquée de ses supplétives Croix fléchées hongroises, perduraient encore en mars, comment croire, en effet, qu'une cérémonie puisse être fêtée au grand complet et sans arrière-pensées ? Nos deux Juifs, en tant que trublions, sèment une panique diffuse chez les gens du bourg. À présent s'étalent rancœurs, reproches et hantises incontrôlées. La paysannerie magyare qui, en 1945, a les faveurs obligées des nouveaux administrateurs paraît ici moins à son aise.****


Ainsi, la question juive², tragédie spécifique à l'intérieur du drame hongrois, apparaît très tôt chez les cinéastes hongrois. Cependant, avant 1989, c'est-à-dire avant la fin du socialisme, le problème n'est jamais traité de front. Il s'inscrit, non à la marge, mais, dans le cadre d'un sujet ou d'un événement plus global de l'Histoire hongroise. Miklós Jancsó (Mon chemin, 1964) et István Szabó (Père, 1966) traduisent, avec beaucoup de finesse, des traumatismes conséquents. De son côté, András Kovács, avec Jours glacés (1966) qui relate un fait authentique - l'affreuse "opération de nettoyage" d'Újvidék (Novi Sad) en 1942 -, suggère par son questionnement la pensée d'Hannah Arendt. Toutefois, on perçoit nettement que la question juive demeure une question taboue aux yeux des autorités du PSOH (Parti Socialiste Ouvrier Hongrois). Si les langues et la réflexion se délient au sortir de l'expérience marxiste, elles finissent par se désenchaîner d'un côté comme de l'autre. À un judaïsme clairement formulé répond, comme en écho, un antisémitisme exhibé sans réserve. Les réalisateurs hongrois - d'origine juive ou pas - semblent, pour l'heure, indiquer fortement leur refus d'une politique à caractère xénophobe. Depuis 1989, en effet, le cinéma hongrois a ostensiblement abordé ce thème brûlant. Ainsi, Judit Elek, avec Mémoires d'un fleuve, adaptait le roman de Gyula Krúdy (L'affaire Eszter Solymosi), inspiré d'une sombre histoire de "crime rituel"(sic), à Tiszaeszlár en 1882. Au couchant du XXe siècle, poursuivant une thématique très personnelle, István Szábó reconstituait l'histoire de quatre générations d'une riche famille de distilleurs juifs, les Sonnenschein. Les exemples sont, bien entendu, loin d'être exhaustifs. De fait, Susan Suleiman rappelle le phénomène : "Pendant plus de quarante ans après la Seconde Guerre mondiale, les Juifs qui avaient survécu et s'étaient décidés à rester en Hongrie se sont persuadés (avec quelque effort il est vrai) que l'antisémitisme appartenait au passé : être ou ne pas être juif n'avait aucune importance en Hongrie communiste. De nombreux juifs nés après guerre n'ont pendant longtemps pas connu leur vraie origine : "Comment j'ai appris que j'étais Juif" est devenu pratiquement un sous-genre de l'autobiographie au début des années 90", écrit-elle.³


Il est raisonnable d'appréhender 1945 ou La Juste Route au-delà d'une dimension historique concrète. Les films hongrois, dans leur globalité, sont là pour témoigner : l'actualité politique les suscite ou les provoque. Durablement isolée sur la scène européenne, longtemps opprimée par les grandes puissances - l'Empire habsbourgeois, l'Empire Ottoman et la Russie soviétique -, la Hongrie, anxieuse quant à son avenir et soucieuse de conserver une identité rare et unique, croit, dès lors, impératif d'élever clôtures impénétrables à ses confins*****. Frontières variables que l'Histoire et les rapports de force n'ont jamais achevé de lui contester. Or, il n'y aura de Hongrie forte que si la nation propage, ailleurs qu'en ses limites géographiques, au-delà de l'alföld, le prestige de sa culture, de son intelligence et de son savoir-faire******. Répétons-le, à ceux qui l'auraient oublié : ce peuple, bien au-dessus de ses plaies, a survécu*******. Nous ne le croyons nullement promis à la "poussière des gangrénés" (Endre Ady), celle que propage des idéologues d'extrême-droite qui brouillent l'horizon du peuple magyar, le laissant morfondu dans l'éternelle supplication : "Où et qui sommes-nous, nous les Hongrois ?" De fiers et courageux Hongrois répliquent pourtant : "Nous serons nous-mêmes, si nous acceptons les autres avec dignité et grandeur." La thématique de l'altérité, qu'il nous faut apprendre à respecter et aimer, est au cœur des films hongrois : voyez Corps et Âme de Ildikó Enyedi, voyez White God (2014) de Kornél Mundruczó ou voyez encore Adrienn Pál (2010) de Ágnes Kocsis. C'est plutôt rassurant, mais les vrais fantômes ne sont pas sur les écrans... Ils rôdent à Budapest et dans la Hongrie toute entière, ombres maléfiques qui instruisent de faux-procès et allument d'infâmes bûchers. Nous croyons, pour notre part, à La Juste Route : le film de Ferenc Török et celle qu'un peuple, enfin libéré, pourrait emprunter.


S.M.

La Juste Route (1945). Hongrie, 2015. 91 minutes. Noir et blanc. Réalisation : Ferenc Török. Scénario : F.Török et Gábor T. Szántó, d'après la nouvelle Hazatérés ("Homecoming"). Photographie : Elemér Ragályi. Décors : László Rajk. Costumes : Sosa Juristovszky. Montage : Béla Barsi. Musique : Tibor Szemzö. Production : Katapult Film. Interprétation : Péter Rudolf (István Szentes), Bence Tasnádi (Árpád), Tamás Szabó (Jancsi), Dóra Sztarenki (Kirózsi), József Szarvas (Kustár), Ági Szirtes (son épouse), Eszter Nagy-Kálózy (Anna Szentes). Sortie prévue le 17 janvier 2018.



* M. Radnóti (1909-1944), poète hongrois d'origine juive, conscrit au Service du travail obligatoire, il est fusillé par les SS lors de leur retraite en novembre 1944. Le poète a été enterré une troisième fois le 16 août 1946.

** Le Fils de Saul s'efforce de traiter, à travers le personnage de Saul Ausländer, Juif hongrois, le cas d'un déporté sonderkommando voulant donner une sépulture décente à son fils mort et menacé de disparaître dans les flammes. Le recueil de témoignages, Des voix sous la cendre, plus connu sous le nom des rouleaux d'Auschwitz, a beaucoup inspiré László Nemes.

*** Dans une missive confidentielle adressée à G. Dimitrov, secrétaire général du Komintern (1933-43) d'origine bulgare, le responsable communiste hongrois, M­átyás Rákosi, lui-même d'origine juive (issu d'une famille Rosenfeld), écrivait ceci : "[...] Un nouveau danger c'est l'apparition des juifs, revenus des compagnies du service du travail obligatoire. Ils font semblant d'être des communistes nés, ils adhèrent à notre parti. Presque sans exception, ils n'ont aucune idée du communisme, mais ils sont intelligents, habiles, et très rapidement ils exercent une influence décisive dans les villages et les petites villes ainsi que dans la police. Dans la Hongrie du nord-ouest et à Budapest, le parti est considéré comme fortement enjuivé. Une partie notable des anciens du service du travail se sont montrés carriéristes et corrompus et causent de grands dommages à l'autorité de notre parti. Nous luttons contre ce danger, c'est pourquoi on nous considère d'ores et déjà comme des antisémites." (Présenté par H. Vass, A Magyar Kommunista Párt, 1945, HIST, 1991 et cité par J.Papp, La Hongrie libérée. État, pouvoirs et société après la défaite du nazisme (Septembre 1944-Septembre 1947). PUR, 2006.

1. B. Génin : La Juste Route. Fumées noires sur campagne ensoleillée. Positif, n° 683|Janvier 2018.

2. Le rôle et la destinée des Juifs hongrois dans l'économie, la politique et l'histoire de ce pays sont, cinématographiquement parlant, surtout traités dans l'œuvre d'I. Szábó, Sunshine (1999), qui en expose le mieux les contraintes et les dilemmes particuliers. Alors que la communauté juive pensait pouvoir être partiellement protégée des mesures d'anéantissement en vigueur dans toute l'Europe, l'invasion allemande et l'installation au pouvoir des Croix fléchées de Ferenc Szálasi (16/10/1944), ont conduit à des mesures d'autant plus rapides et brutales qu'elles furent imprévues. 2/3 des juifs ont alors péri. Pour mieux comprendre cet épisode de l'Histoire, voir les ouvrages suivants : Black Book on the Martyrdom of Hungarian Jewry, E. Levaï, Zürich/Vienne, 1948. - The Politics of Genocide : The Holocaust in Hungary, Randolph L. Braham, New York, 1981. - La Destruction des Juifs d'Europe, R. Hilberg, trad. française 1988 chez Gallimard. D'un autre côté, l'ouvrage de Julien Papp, cité plus haut, y consacre un sous-chapitre (L'extermination des juifs hongrois et le sort des survivants, pages 200 à 225). L'auteur écrit, à juste raison : "La tragédie des juifs hongrois constitue certainement le chapitre le plus stupéfiant de l'histoire de la Shoah, en ce sens qu'elle s'est déroulée en un temps bref et à une époque où la victoire alliée était sur le point d'aboutir. En deux mois à peine, du 15 mai au 8 juillet 1944, près de 435 000 êtres humains correspondant à l'ensemble de la population juive hongroise des provinces furent transportés à Auschwitz [...] L'acheminement des juifs hongrois vers le plus grand centre d'extermination nazie en Europe n'a rencontré aucun obstacle. La résistance [...] n'a tenté aucune action de sabotage sur les voies ferrées menant à Auschwitz, et les puissances occidentales ont refusé d'intervenir pour bombarder les voies, les ouvrages d'art et les installations du camp d'extermination, malgré les demandes pressantes des personnalités juives du monde libre.

3. S. Suleiman : Sunshine et les juifs de Hongrie, in : Théorème 7|Presses Sorbonne Nouvelle, 2003.

**** Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Hongrie présente une des structures agraires les plus retardées d'Europe. L'aristocratie foncière magyare, suite à l'échec des révolutions de 1918-19, a conservé l'essentiel de ses domaines seigneriaux. Quelles que puissent être leurs accointances idéologiques, tous les partis - sans exception - s'accordent sur la nécessité d'opérer une réforme agraire. Les litiges qui apparaissent - le Parti des Petits-propriétaires notamment - tiennent, avant tout, à des calculs politiques : quels seront les partenaires économiques d'élection de la Hongrie future ? Quoi qu'il en soit, le décret sur la "suppression du régime de la grande propriété et l'attribution de la terre au peuple cultivateur", est publié dans le JOH du 18 mars 1945 et légalisé au mois de septembre. Imre Kovács, au nom du Parti national paysan (PNP), s'exclamera : "Avec justesse, on avait appelé procès de mille ans le grand combat du peuple hongrois pour la terre. Le long procès a pris fin ; c'est l'importance historique de la réforme agraire." (in : S. Balogh, Terre, république, école publique! Débats dans le Parlement hongrois 1944-48.)

***** Allusion évidente à la construction, en juin 2015, et, sous l'impulsion du gouvernement V. Orbán, d'une barrière entre la Hongrie et la Serbie, visant à juguler ce que l'on a appelé en Europe la crise migratoire.

****** La diaspora hongroise est importante. Elle se chiffre à 5,4 M(illions) personnes, alors que la population vivant en Hongrie s'élève à 9,830 M habitants (recensement 2016). Parmi cette diaspora, il faut clairement distinguer les Magyars d'outre-frontières (határon tùli magyarok) qui sont les Hongrois vivant sous le statut de minorité nationale ou de communauté ethnique dans les pays frontaliers. Ces derniers bénéficient d'un traitement spécifique qui leur permet d'accéder à la citoyenneté hongroise, de disposer de bourses d'enseignement et d'aides financières afin de sauvegarder la langue et la culture magyares. Depuis deux ans, l'actuel gouvernement Orbán (Fidesz-Union civique hongroise), d'inspiration conservatrice et nationaliste, a octroyé le droit de vote en Hongrie aux Magyars d'outre-frontières.

******* "L'histoire hongroise est l'histoire d'une survie", note Françoise Pons. Elle poursuit ainsi : "[...] Pourquoi avons-nous survécu alors que d'autres tribus d'Europe centrale, comme le grand royaume des Avars, peuple de langue turque, ont complètement disparu ? Depuis mille ans, on existe encore avec une langue (ndlr : de famille finno-ougrienne) que personne ne comprend. Pourquoi eux et pas nous ? De ce fait, les Magyars ont la conviction que leur conscience nationale est programmée pour survivre." Bien sûr, le Hongrois "est mélancolique, d'un pessimisme sans égal, résultat de ce millier d'années malheureuses. Ce spleen est si prégnant que l'hymne national que Ferenc Kölsey a composé en 1828, sous la dure tutelle autrichienne, a été choisi comme tel en 1903, au cours de la période glorieuse de l'histoire hongroise, afin de ne pas oublier les temps difficiles." (lire F. Pons : Hongrie, l'angoisse de la disparition, Coll. "L'Âme des peuples", Éditions Nevicata, Bruxelles, 2016).


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