journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
MARS 2019
Aujourd’hui, j’ai serré tous mes CAP maçons dans les bras. Enfin, façon de parler.
par Judith

Aujourd’hui, j’ai serré tous mes CAP maçons dans les bras. Enfin, façon de parler.

Après la chanson offerte du mercredi, on a fait de la géographie sur Satie. Tout de suite, un croquis du couloir de la chimie dessiné sur Gnossiennes, ça te prend une autre gueule, ça respire différemment.

Satie, c’est le partenaire numéro un de nos travaux écrits. En deuze, y a Les Nocturnes de Chopin, puis Schubert.

Ensuite, on a écrit une lettre à Magyd Cherfi pour lui demander si sa mère n’est pas trop triste quand elle lit le texte « La Honte » dans Livret de famille parce que, franchement, « ça s’fait pas d’écrire des phrases comme :

On n’aimait pas nos mères, elles étaient laides, incultes et méchantes. Chacun voyait sa mère dans la mère de l’autre, comme si elles n’étaient qu’une. Une pour tous, difforme, multicolore, vague. Dans ma tête, une plainte… »

Puis, j’ai dû rappeler à D et H que chaque fois qu’ils s’insultent et se moquent méchamment l’un de l’autre, ils perdent un peu de grandeur et de majesté. J’ai répété que la dérision, le cynisme et le sarcasme sont une lâcheté si l’on en abuse. Que la tendresse est un courage d’homme.
En revanche, je n’ai pas osé leur dire que les adultes d’un gouvernement ont décidé qu’à la rentrée prochaine les heures allouées au français et à l’histoire-géographie, en France, pour les classes de CAP allaient passer de 4hs hebdomadaires à 1h30.

J’aurais eu l’air de quoi avec mes grands principes et mes grandes valeurs humanistes ? D’une grosse nouille.

C’est à ce moment-là de la matinée que je les ai tous serrés très fort dans mes bras avant qu’ils ne repartent dans le fracas et la cohue du monde.

OCTOBRE 2018
Chroniques d'une journée moyenne
par Judith

C'est quand même drôle cette obsession de vouloir inculquer le "vivre ensemble" dans les "quartiers sensibles" via les programmes scolaires, à des gamins qui ne font que ça,
VIVRE ENSEMBLE depuis leur naissance.
Ben oui, zont pas trop le choix de toute façon. On peut pas vraiment se payer le luxe de faire son bégueule et de choisir son voisin et sa belle masure dans certains espaces de vie. Tu te poses là où on te dit et tu vis avec le décor et les gens. C'est tout.
Et, je te jure que ça vit ensemble sans se poser trop de questions (parce que, parfois, y a de quoi devenir fou, si on s'arrête un peu).
Mais ce qui est encore plus drôle (c'est une matinée à se gondoler) c'est de penser que ces gens qui prêchent à tout vent le VIVRE ENSEMBLE dans les textes officiels, eux, ne savent pas. Non seulement ils ne savent pas, mais ils ne font pas même semblant de le faire.
Ils ont fait des études pas ensemble, ils ont des maisons pas ensemble, ils ont des vacances pas ensemble, ils se déplacent pas ensemble. Ou alors, si, mais un tout petit "ensemble" de rien du tout. Un tout petit ensemble tout rabougri. Un petit entre-soi racorni qui les éloigne de jour en jour un peu plus du GRAND ENSEMBLE.
Alors "vivre ensemble"
ZOBI
(comme diraient des que je connais et que je vais retrouver bientôt)

AVRIL 2018
la nouvelle france (Aubervilliers – Seine-Saint-Denis)
par Laurent

J'habitais Aubervilliers, et il y avait un quartier qu'on appelait "La Nouvelle France", et dans ce quartier un foyer pour travailleurs immigrés, où il n'y avait plus que des vieux chibanis. Un jour, en rentrant chez moi - peut-être parce que je n'avais pas d'appareil photo - j'avais écrit ça.
MARS 2018
Nâzim Hikmet : Exil, quand tu nous tiens...
par Michel S

Moi un homme
moi Nâzim Hikmet poète turc moi
ferveur des pieds à la tête combat
rien qu'espoir, moi
MARS 2018
Humeurs de maçons
par Judith

Il se réjouissait de faire partie d'une société dans laquelle on pouvait devenir héroïque à peu de frais. Déposer un ticket de transport en commun encore valide sur une borne de métro était devenu un geste hors-la-loi. On pouvait, aujourd'hui, entrer dans la résistance pour peanuts, ce qui l'arrangeait bien finalement. Il n'avait pas beaucoup de temps à consacrer à une quelconque révolution mondiale en ce moment.
OCTOBRE 2017
Promenades dans Rome
par Laurent

On peut suivre la marche du ciel, mais il y a ce moment, où chaque chose se prend, à faire signe. Ce lieu, où l’on ne peut pas, reconnaître, la moindre trace des cours, des discours des parcours, des accomplissements.