journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

JUIN 2019
mémoires du travail
AMIANTO (2014, A. PRUNETTI) : WORKING CLASS HEROES
par Michel S

« Amianto » est le récit indispensable d’un fils sur son père, victime ouvrière d’un système économique dénué de principes humains. Or, ce qui dérange le plus c’est le récit ouvrier. Là, se dévoilent, dans l’exposé des faits concrets, le système et sa nature profonde. Alberto Prunetti reprend les mots d’un certain Tonti : « Ce qui effraie les capitalistes, c’est l’histoire des ouvriers, pas la politique des gauches. La première, ils l’ont expédiée parmi les démons de l’enfer, la seconde, ils l’ont accueillie dans leurs palais gouvernementaux. » Aussi, ont-ils espéré que cet ouvrage soit largement méconnu, voire ignoré. Ils se sont trompés. Au-delà de l’Italie, les travailleurs du monde entier s’y reconnaîtront, pour l’amiante et ses dégâts, bien sûr, mais pour des tas d’autres raisons valables et accusatrices.
JUIN 2019
polyculture
« Bellissima» (1951, L. Visconti – Anna Magnani) : L'elisir d'amore
par Michel S

Bellissima, juge Lino Micciché, est « une des premières et plus conscientes constatations de l’utopie néo-réaliste. » Faut-il pour autant s’y résigner ? Luchino Visconti réinterrogeant sans discontinuer les pouvoirs du cinéma, fera surgir, quant à lui, grandeur tragique et dignité là où certains ne voient qu’enfer et misère. Bien plus que peindre la pauvreté, l’artiste doit en sonder les réalités invisibles, de celles qui habitent l’âme de ceux qui en souffrent. Au-delà, tout authentique créateur est forcément du côté du prolétariat. Il ne se contente pas d’être « ce poète qui tire son inspiration de la contemplation consciencieuse et sympathique de la vie spontanée, de cette vie qui ne se révèle à lui que dans le peuple. » (R. Wagner) De cette vie, il prélèvera, tout autant, les ferments indispensables à la promesse d’une révolution créatrice.
JUIN 2019
polyculture
La Femme de Jean (1974, Yannick Bellon)
par Michel S

Après avoir excellé dans de nombreux courts métrages (Goémons, 1948, Grand Prix à Venise ; Colette, 1950), Yannick Bellon réalise huit fictions, en l'espace de trente-cinq ans. C'est peu, mais néanmoins suffisant pour valider un talent remarquable. Abordant prioritairement des faits de société, elle opte pour une démarche sobre et soucieuse d'exactitude psychologique. En cela, elle rappelle l'Américaine Ida Lupino.
JUIN 2019
regards sur la Croix-Rousse
Gérard Barry,un poète à la Croix-Rousse
par Lucien et Philippe

Il n’est pas facile d’évoquer Gérard Barry sans ressentir un drôle de tremblement au bout des doigts. Sa disparition le 15 août 2009, à l’âge de 64 ans, a laissé désemparés ses nombreux amis. Six ans après, ils sont encore sous le choc d’une absence indicible.
Des amis de tous bords et de tous âges, accueillis à midi comme à minuit, bras et bar ouverts, par cet inspecteur de l’éducation nationale, au style si peu académique.
MAI 2019
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
Visiteurs, habitants, soyons smart !
par Stéphane

C’est l’accroche trouvée par ONLYLYON - outil de propagande de la classe bourgeoise pour vendre Lyon au plus offrant - pour célébrer son tout frais statut de capitale européenne du « smart tourism ». Devant une telle reconnaissance, il faut que tout le monde s’y mette ! Alors soyons smart. Mais au fait c’est quoi le tourisme intelligent ?
MAI 2019
travail de mémoire
La Ragazza di Bube (1964, L. Comencini) : La vallée qui s'éveille... ou Carlo Cassola oublié
par Michel S

« Télérama » signale la diffusion du film de Luigi Comencini (numéro du 11 au 17 mai). Personne ne rappelle l'origine du film. Exit le romancier Carlo Cassola (1917-1987) qui avait reçu, en 1960, le prix Strega, considéré comme l'équivalent du prix Goncourt en Italie. Inspiré d'un fait réel, "La Ragazza di Bube" est pourtant autre chose que le récit d'une aventure sentimentale. Cassola en avait repéré la source dans le maquis résistant et le village environnant. Comment, Mara, une jeune femme apparemment frivole et désinvolte a-t-elle pu s'éprendre d'un homme aussi abrupt et tranché que Bube, alias « Le Vengeur » ? La prise de conscience progressive de Mara (Claudia Cardinale remarquable) est également celle de l'écrivain et du cinéaste...
MAI 2019
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
Contre cette métropole de Lyon : Engageons une critique radicale !
par Stéphane

Les lecteurs du « Grain de Sel » le savent : La Métropole, et son impact sur l’aménagement et les solidarités territoriales, joue un rôle extrêmement offensif dans le capitalisme total qui broie les peuples et leur environnement depuis des décennies. Alors que va s’ouvrir le folklorique épisode des élections locales, il est temps de rappeler l’inanité démocratique de notre Métropole de Lyon et de commencer à interroger d’autres champs du possible.


AVRIL 2019
débats d'idée - champs libre
Le bruit des Gilets Jaunes donne le cancer
par Jerôme

On devrait proposer ce jeu dans les ateliers d’écriture : « Toi aussi, invente le mensonge le plus gros possible sur le sujet de ton choix. » On vient en effet d’apprendre, par le biais du Washington Post, que Donald Trump, depuis son élection, a menti 9451 fois. Le journal a arrêté son décompte au 1er avril dernier. Ce qui signifie que ce chiffre de 9451 est déjà dépassé. En effet, Donald Trump a menti en moyenne six fois par jour sur sa première année de mandat pour monter à vingt deux fois par jour sur les six derniers mois. Le mensonge, pour Trump, c’est une drogue dure. Il lui en faut toujours plus pour obtenir le même plaisir. Dans son cas, on est en présence d’un mélange étonnant de bêtise, d’inculture et de paranoïa, comme chez le dernier des complotistes de bistrot. Il n’en est pas encore à dire qu’il y a une base militaire nazie sur la face cachée de la lune depuis 1945 ou que le président Kennedy a été assassiné par des Illuminati mais on s’en approche en douceur.
AVRIL 2019
débats d'idée - champs libre
Loi anticasseurs censurée : Comment se moquer du monde.
par Régis

Ben oui, je vais un peu interloquer, doucher les enthousiasmes, peut-être faire taire une partie des clameurs, priver Messieurs Fabius et Juppé des ovations qu’ils reçoivent depuis cet après-midi.

Eh bien non, il n’y a pas lieu de fêter le Conseil constitutionnel pour la décision qu’il vient de rendre. L’annulation de la mesure phare c’est-à-dire l’interdiction administrative préalable d’exercer son droit constitutionnel de manifestation est à mon sens un pur et simple trompe-l’œil.
Je dirais même au contraire, la façon dont cela s’est passé est très inquiétant. En dehors de cette mesure, L’ENSEMBLE DU TEXTE tout aussi liberticide a été validé. Pire, le Conseil a annulé les modalités de l’interdiction administrative mais EN A VALIDÉ LE PRINCIPE.

J’explique brièvement pourquoi on nous prend pour des jambons.