journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

JUILLET 2019
polyculture
Divorzio all'italiana (1961, P. Germi) : Storie di un altro tempo
par Michel S

"Divorce à l'italienne" (1961) obtiendra un triomphe retentissant. L’environnement historico-social favorisa nettement une telle réussite. La société italienne était, depuis des décennies, labourée par des mouvements de masse et d’opinion en faveur du droit au divorce. La législation existante, foncièrement inégalitaire, pénalisait essentiellement les femmes que l’on traitait en « mineures » - voir le film des frères Taviani et V. Orsini : « Les Hors-la-loi du mariage/I fuorilegge del matrimonio » (1963). On aboutissait, de fait, et dans de nombreux cas, à des situations absurdes. En Sicile, dans un milieu extraordinairement hermétique et conspirateur, les choses prenaient un tour encore plus effroyable. Quoi qu’il en soit, « dans un contexte d’évolution des mœurs, le cinéma de Pietro Germi a certainement contribué à une prise de conscience des retards culturels de la société italienne. Par le biais de la satire […], il a probablement plus fait pour la transformation des mentalités que bien des discours politiques et des prises de position intellectuelles », écrit Jean Antoine Gili.[1]
JUILLET 2019
débats d'idée - champs libre
Nous avons plus que jamais besoin d'Humanité !
par Stéphane

La dernière une de la revue « society », un « quinzomadaire en liberté » forcément moderne et branché, affichait le visage poupon et déterminé d’une jeune adolescente de 16 ans. Et tenez-vous bien, elle allait « sauver la planète suite à son discours devant l’ONU qui a bouleversé le monde ».

J’épargnerai aux lecteurs du Grain de Sel de rentrer dans le contenu du reportage aussi affligeant que le titre mais qui relève bien les maux de notre société du spectacle où une ministre peut humilier sa fonction chez un pétomane. Debord l’écrivait il y a 50 ans : « Dans le spectacle, image de l’économie régnante, le but n’est rien, le développement est tout. Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre que lui-même ».

JUIN 2019
débats d'idée - champs libre
فرنسا والجزائر: تحيا الحراك! FRANCE ET ALGERIE : VIVE LE HIRAK !
par Michel S et Djamel-Eddine

L’ « Humanité » du 21/23 juin consacre un article à l’état de l’économie algérienne. « L’Algérie prise au piège du pétrole et de l’économie libérale », tel en est le titre. Ainsi, s’explique, en grande partie, le mécontentement populaire. Du reste, le peuple algérien, dans toutes ses composantes, réclame un changement radical et profond, que ce soit au strict plan politique, ou au plan social et économique. Car, si l’Algérie est « prise au piège », c’est aussi parce que ceux qui la dirigent ont tout fait pour qu’il en soit ainsi. En bien des aspects, l’Algérie vit des situations que le peuple français saurait comprendre. Même si les comparaisons entre la France et l’Algérie sont forcément impossibles. Cependant, les tendances demeurent identiques : « Liquidons tout ce qui ressemble au socialisme, de près ou de loin », tel est le credo de ceux qui dirigent le monde. On constate, par ailleurs, les « trahisons » idéologiques des uns et des autres sur l’autel du néolibéralisme.
JUIN 2019
la pierre qui flotte
Maçonneurs à temps plein
par Judith

Dans ce recueil, vous trouverez des vies normales,
l’Algérie,
les yeux des gens,
celle qui ne parle pas à table,
des arbres et des oiseaux,
des fils et des mères,
des enfants perdus,
Céline Dion,
des aquariums 50 litres,
des faux sentiments et des refuges,
une scène dans le monde
et le regard d’une fille à la mer.


Ce recueil a été créé grâce à la bienveillance patiente du poète Patrick Laupin et à l’élan vital ardent d’une classe de 1ère année de CAP maçonnerie.

Judith Wiart, professeur de lettres-histoire-géographie-EMC, lycée professionnel Tony Garnier, Bron.

JUIN 2019
mémoires du travail
AMIANTO (2014, A. PRUNETTI) : WORKING CLASS HEROES
par Michel S

« Amianto » est le récit indispensable d’un fils sur son père, victime ouvrière d’un système économique dénué de principes humains. Or, ce qui dérange le plus c’est le récit ouvrier. Là, se dévoilent, dans l’exposé des faits concrets, le système et sa nature profonde. Alberto Prunetti reprend les mots d’un certain Tonti : « Ce qui effraie les capitalistes, c’est l’histoire des ouvriers, pas la politique des gauches. La première, ils l’ont expédiée parmi les démons de l’enfer, la seconde, ils l’ont accueillie dans leurs palais gouvernementaux. » Aussi, ont-ils espéré que cet ouvrage soit largement méconnu, voire ignoré. Ils se sont trompés. Au-delà de l’Italie, les travailleurs du monde entier s’y reconnaîtront, pour l’amiante et ses dégâts, bien sûr, mais pour des tas d’autres raisons valables et accusatrices.
JUIN 2019
polyculture
« Bellissima» (1951, L. Visconti – Anna Magnani) : L'elisir d'amore
par Michel S

Bellissima, juge Lino Micciché, est « une des premières et plus conscientes constatations de l’utopie néo-réaliste. » Faut-il pour autant s’y résigner ? Luchino Visconti réinterrogeant sans discontinuer les pouvoirs du cinéma, fera surgir, quant à lui, grandeur tragique et dignité là où certains ne voient qu’enfer et misère. Bien plus que peindre la pauvreté, l’artiste doit en sonder les réalités invisibles, de celles qui habitent l’âme de ceux qui en souffrent. Au-delà, tout authentique créateur est forcément du côté du prolétariat. Il ne se contente pas d’être « ce poète qui tire son inspiration de la contemplation consciencieuse et sympathique de la vie spontanée, de cette vie qui ne se révèle à lui que dans le peuple. » (R. Wagner) De cette vie, il prélèvera, tout autant, les ferments indispensables à la promesse d’une révolution créatrice.
JUIN 2019
polyculture
La Femme de Jean (1974, Yannick Bellon)
par Michel S

Après avoir excellé dans de nombreux courts métrages (Goémons, 1948, Grand Prix à Venise ; Colette, 1950), Yannick Bellon réalise huit fictions, en l'espace de trente-cinq ans. C'est peu, mais néanmoins suffisant pour valider un talent remarquable. Abordant prioritairement des faits de société, elle opte pour une démarche sobre et soucieuse d'exactitude psychologique. En cela, elle rappelle l'Américaine Ida Lupino.
JUIN 2019
regards sur la Croix-Rousse
Gérard Barry,un poète à la Croix-Rousse
par Lucien et Philippe

Il n’est pas facile d’évoquer Gérard Barry sans ressentir un drôle de tremblement au bout des doigts. Sa disparition le 15 août 2009, à l’âge de 64 ans, a laissé désemparés ses nombreux amis. Six ans après, ils sont encore sous le choc d’une absence indicible.
Des amis de tous bords et de tous âges, accueillis à midi comme à minuit, bras et bar ouverts, par cet inspecteur de l’éducation nationale, au style si peu académique.
MAI 2019
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
Visiteurs, habitants, soyons smart !
par Stéphane

C’est l’accroche trouvée par ONLYLYON - outil de propagande de la classe bourgeoise pour vendre Lyon au plus offrant - pour célébrer son tout frais statut de capitale européenne du « smart tourism ». Devant une telle reconnaissance, il faut que tout le monde s’y mette ! Alors soyons smart. Mais au fait c’est quoi le tourisme intelligent ?
MAI 2019
travail de mémoire
La Ragazza di Bube (1964, L. Comencini) : La vallée qui s'éveille... ou Carlo Cassola oublié
par Michel S

« Télérama » signale la diffusion du film de Luigi Comencini (numéro du 11 au 17 mai). Personne ne rappelle l'origine du film. Exit le romancier Carlo Cassola (1917-1987) qui avait reçu, en 1960, le prix Strega, considéré comme l'équivalent du prix Goncourt en Italie. Inspiré d'un fait réel, "La Ragazza di Bube" est pourtant autre chose que le récit d'une aventure sentimentale. Cassola en avait repéré la source dans le maquis résistant et le village environnant. Comment, Mara, une jeune femme apparemment frivole et désinvolte a-t-elle pu s'éprendre d'un homme aussi abrupt et tranché que Bube, alias « Le Vengeur » ? La prise de conscience progressive de Mara (Claudia Cardinale remarquable) est également celle de l'écrivain et du cinéaste...