journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

DÉCEMBRE 2018
travail de mémoire
Autour de « Novecento » (1900, B. Bertolucci - 1976) ou l'Histoire de l'Italie contemporaine
par Michel S

L’immense succès commercial du « Dernier Tango à Paris » (1972) projeta Bertolucci au firmament des réalisateurs. Pour les producteurs, il était naturellement devenu pain bénit. L’auteur du « Conformiste » en profita pour exaucer un vœu cher : mettre en scène une épopée couvrant un demi-siècle d’histoire italienne et puisant son récit dans ses propres souvenirs, ceux de sa province natale, l’Émilie. En même temps, et, selon une tension dialectique qui lui est chère, Bertolucci cherchait à éprouver des logiques a priori antagonistes. « Je me suis rendu compte, disait-il alors, pendant que je tournais le film et surtout pendant que je procédais au montage que « Novecento » est bâti sur le principe des contradictions, la contradiction entre les dollars américains et le discours politique du film, la contradiction entre Olmo Dalcò (Gérard Depardieu) et Alfredo Berlinghieri (Robert De Niro), entre les paysans et les patrons, entre les acteurs de Hollywood et les paysans authentiques de l’Émilie, entre la préparation la plus soigneuse et l’improvisation déchaînée, entre la culture archaïque et paysanne et une culture bourgeoise.»
DÉCEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Au début du XXIe siècle...
par Judith

Au début du XXIe siècle, lors de son mandat, un président de la France commettait l'exploit de faire surgir en pleine lumière une population jusque là transparente, taiseuse et peu dérangeante : celle de la banlieue de toutes les banlieues, "la périphérie" du territoire dixit les médias de l'époque.
DÉCEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
« Gilets jaunes » : La surdité d’un Président
par Michel S

Démarré sur la base minimale du refus de la taxe carbone, le mouvement « gilets jaunes », malgré ses désordres et ses incohérences, a désormais élargi sa vision. Loin de s’être refermé sur lui-même, il est entré en contact avec d’autres courants de l’expression citoyenne voire syndicale. Les annonces du gouvernement Philippe arrivent donc trop tard. Ce ne sont pas des reculs superficiels ou simplement un moratoire qui mettront un terme à un désaveu justifié et ancré. Le mécontentement populaire exprimé là ne saurait être réductible à la démission d’un homme, M. Macron en l’occurrence. De ce point de vue, les calculs politiciens ou les déclarations présentes de certains hommes politiques seront forcément observés avec suspicion et vigilance. [...] Enfin, nous voudrions rappeler, une fois encore, notre rejet de toute violence. Le refus, la contestation voire la désobéissance n’ont aucunement besoin d’actes de violence. Ceux-ci expriment une forme de désespoir ou de détresse. Refuser ou contester c’est exiger de neuves solutions et des perspectives plus audacieuses et plus justes. C’est forcément le contraire du désespoir. De là s’obtiennent la détermination, la fermeté, l’union dans le combat et la solidarité. En dernier lieu, si le problème social est bien réel, il ne doit pas être opposé à la nécessaire transition écologique. Les vrais responsables du marasme écologique sont les mêmes qui jettent les citoyens dans la pauvreté, le chômage et le déclassement social.
DÉCEMBRE 2018
travail de mémoire
Le Maitron, deux siècles d’histoire sociale à la portée de tous
par Julien

... Enfin, parmi les mille et une manières de s’approprier le Maitron, et d’en faire usage, la question de la transmission et de la formation militante, au sein des organisations, ne peut être ignorée. Ainsi, redécouvrir ces milliers de vies, et cheminer dans la diversité du dictionnaire, peut et doit représenter un support de formation syndicale. Pour que la richesse de ces vies passées, et la créativité de leurs pratiques, puissent nous ressourcer et permettre d’inventer nos engagements présents et à venir.
NOVEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
En attendant les gilets rouges...
par Jerôme

... Encore faut-il que la gauche de gauche, et en particulier les communistes, fassent ce qu’ils ont toujours fait : comprendre et expliquer, jouer sur l’intelligence collective et non sur les réflexes populistes. Transformer une colère légitime mais dangereuse en un vrai mouvement social. Expliquer que l’écologie, brandie par le gouvernement, n’est pas la cause de leur malheur aujourd’hui pas plus que ne l’était l’immigré hier. Qu’aucun bouc émissaire n’est à chercher, qu’il s’agit avant tout, quand on se retrouve paupérisé et précarisé à ce point, de l’éternel problème de la redistribution des richesses, de l’équilibre entre la rémunération du travail et celle du capital.Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine, disait encore Mao. Oui, mais après, encore faut-il contrôler l’incendie. Et si possible mieux qu’en Californie.
NOVEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Marches pour le climat et gilets jaunes : oui le communisme du 21ème siècle peut être l’avant-garde
par Stéphane

Le texte de base sur lequel les communistes préparent leur congrès a remis sous les projecteurs le terme d’avant-garde éclairée.
Il a tout d’abord été navrant d’assister à une multiplication de clichés venant des contempteurs de ce texte. Si les objecteurs de croissance ne veulent pas revenir à la lampe à huile, ceux qui soutiennent cette mise à jour de ce terme n’ont pas nécessairement l’inconscient stalinien qui les martyrise. L’actualité récente nous démontre, une fois de plus, que loin de tout dogmatisme, la réappropriation du vocabulaire révolutionnaire est primordial tant pour contrecarrer celui de la classe dominante que pour affirmer bien haut notre identité communiste ancrée dans les réalités et les luttes contemporaines.

NOVEMBRE 2018
travail de mémoire
Les Croix de bois (1931, Raymond Bernard) : Au bout de la nuit
par Michel S

"En déplacement aux Éparges (Meuse), M. Macron rend hommage à Maurice Genevoix, l'écrivain de "Ceux de 14", blessé sur cette colline en 1915, et annonce l'entrée de celui-ci au Panthéon. Nous espérions y voir un hommage aux souffrances des soldats européens, injustement entraînés dans une guerre qui n'était pas la leur. Hélas, les "itinérances (ou "errances") mémorielles" du Président nous auront plongés dans une circonspection cérémonieuse. S'agissant des "Croix de bois" de Roland Dorgelès et de Raymond Bernard, le message, dépourvu de rhétorique idéologique, demeure pourtant clair : "Cessez-le-feu !"
NOVEMBRE 2018
polyculture
Colette (1951, Yannick Bellon) : un moment de grâce
par Michel S

"Toute ma vie, je me suis penchée sur les éclosions", affirmait-elle. Ces transformations, Colette les assumait pleinement et sans regret. Une femme de son temps, assurément, et, tout autant, une femme de notre temps. Elle aura trouvé, en Yannick Bellon, un témoin d'élection.
NOVEMBRE 2018
polyculture
Cronache di poveri amanti (1947) : Un roman, un film édifiants... Le roman et son écrivain
par Michel S

Né à Florence, dans le quartier pauvre de la via de' Magazzini, le romancier Vasco Pratolini (1913-1991) conserva d’une jeunesse difficile – il dut abandonner prématurément ses études et exercer de petits métiers - une naturelle compréhension à l’égard des jeunes gens des milieux modestes. C’est au cours du ventennio fasciste qu’il lui fallut, par ailleurs, assurer sa survie, suite au décès de son grand-père, et, malgré cela, ne jamais perdre le contact avec les milieux littéraires de l’ancienne capitale du Royaume d’Italie.
NOVEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Brésil : La nostalgie coupable de Jair Bolsonaro et l’ignorance de ses électeurs
par Michel S

Face aux inégalités sociales, à la violence et à la corruption, les peuples doivent être rassemblés et non divisés. L’extrême-droite, hier comme aujourd’hui, propage animosité et ferments de division. Les travailleurs n’ont rien à attendre de ce côté-là, sinon le pire. Ils doivent s’organiser eux-mêmes, avec courage et esprit de responsabilité.