journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

MARS 2019
débats d'idée - champs libre
« The start of something » : Le début de quelque chose ?
par Stéphane

Tel est le slogan, forcément anglais car forcément moderne, de l’ancienne Halle Girard, fleuron lyonnaise de la 1ère révolution industrielle, qui deviendra, la Lyon French Tech dont ses idolâtres espèrent qu’elle sera le fleuron de la 4ème, et fera éclore l’une des « licornes » de la start-up nation dont rêve notre banquier de président. Améliorer le système, le rendre plus performant, voici le seul horizon qu’impose la classe dominante aux peuples. Ce vendredi 15 mars, jour de l’inauguration de ce nouveau joujou technocapitaliste, d’autres voix/voies se sont pourtant fait entendre.
MARS 2019
débats d'idée - champs libre
Répression des gilets jaunes : Un polytechnicien dangereux
par Régis

Le geste d’abord, qui porte pour moi la marque de la grande classe. Un polytechnicien qui s’inspirant de son condisciple de 1830 que l’on devine sur le tableau de Delacroix, rejoint en grand uniforme cette « France d’en bas » qui manifeste pour sa dignité, pour lui exprimer sa solidarité et sa gratitude, eh bien simplement respect.

La répression ensuite, expression de la bêtise, de la mesquinerie et de la violence de gens en panique pour leurs petits intérêts et ceux de leurs maîtres qui les ont mis là, eh bien ceux-là, on les combattra.
MARS 2019
travail de mémoire
Roland Leroy l'élégance et l'Humanité
par Claude

"Son agilité d’esprit, sa culture, sa rigueur, sa vie brûlée par tous les bouts jusqu’aux nuits, une allure de dandy… quelque chose d’un héros de Roger Vailland."

LEROY Roland, Eugène. Nom dans la clandestinité : Bob, Réli, Paillard, Dumas, Alain
Né le 4 mai 1926 à Saint-Aubin-les-Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 25 février 2019 à Clermont-l’Hérault (Hérault) ; employé de la SNCF (1942, 1945-1947) ; membre du comité central (1956-1961), membre du bureau politique (1964-1994) du Parti communiste français, membre du secrétariat du PCF (1960-1979) ; député de la Seine-Maritime (1956-1958), puis de la 2e circonscription de Rouen et Sotteville (1967-1981), puis de la Seine-Maritime (1986-1988) ; directeur de l’Humanité (1974-1994).
FÉVRIER 2019
débats d'idée - champs libre
M. Macron, les réseaux sociaux, l’antisémitisme et l’antisionisme
par Michel S

S’il est juste de vouloir mettre en place une législation contre la propagation de la haine raciale sur les réseaux sociaux, encore faut-il avoir une juste appréciation des phénomènes politiques. Or, M. Macron s’aligne, sans retenue, sur les positions communautaristes du CRIF et de l’État d’Israël qui cherchent à confondre ceux qui luttent pour le respect du peuple palestinien avec ceux qui divulguent leur vulgate antijuive. Combien de fois faudrait-il répéter que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme ? Là, où l’antisionisme est, avant tout, une idée politique (contestable ou pas, leurs auteurs ont le droit de la défendre), l’antisémitisme est, en revanche, un racisme et un délit.
FÉVRIER 2019
travail de mémoire
Gilets jaunes et manipulations étatiques de la violence : Une vieille histoire
par Régis

Il y a 40 ans, j’ai eu l’occasion de m’investir énormément dans les grandes luttes syndicales menées contre le démantèlement de la sidérurgie française. À cette occasion, le pouvoir d’État avait utilisé manipulations et provocations pour tenter de dévoyer et de disqualifier un mouvement pourtant populaire dans l’opinion publique. J’ai réalisé en coopération avec la CGT et deux amis un ouvrage qui faisait la démonstration de ce que le ministère de l’intérieur de l’époque n’avait pas eu d’état d’âme pour se livrer à des opérations illégales. Preuve que le pouvoir d’État en est capable et que Macron et Castaner n’ont rien inventé. Et le dire n’est pas être complotiste.

D’ailleurs les quatre pendus de Chicago nous rappellent aussi que la provocation policière et judiciaire est une constante à laquelle s’est heurté le mouvement social depuis deux siècles.
FÉVRIER 2019
débats d'idée - champs libre
Nous avons plus que jamais besoin d'Humanité !
par Stéphane

La dernière une de la revue « society », un « quinzomadaire en liberté » forcément moderne et branché, affichait le visage poupon et déterminé d’une jeune adolescente de 16 ans. Et tenez-vous bien, elle allait « sauver la planète suite à son discours devant l’ONU qui a bouleversé le monde ».

J’épargnerai aux lecteurs du Grain de Sel de rentrer dans le contenu du reportage aussi affligeant que le titre mais qui relève bien les maux de notre société du spectacle où une ministre peut humilier sa fonction chez un pétomane. Debord l’écrivait il y a 50 ans : « Dans le spectacle, image de l’économie régnante, le but n’est rien, le développement est tout. Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre que lui-même ».

JANVIER 2019
débats d'idée - champs libre
Macron et l'exécution de sa feuille de route : Aux prix de nos libertés
par Régis

Rubrique : commencerait-y pas à y avoir le feu ?

Les dérives liberticides se multiplient, deviennent systématiques et prennent une ampleur rarement vue.
J’ai suffisamment d’expérience pour dire que cela est sans exemple depuis la fin de la guerre d’Algérie. Le plus grave est que dans la tête des séides du pouvoir, des macronôlatres et de ceux qui les servent avec zèle dans la police et dans la justice, cela ne pose aucun problème. Le choix de l’illibéralisme est fait. Celui de l’autoritarisme illégal et illégitime également. En attendant pire ?

Juste deux petits exemples qui montrent que pour le pouvoir et les petites couches apeurées qui se réfugient dans ses jupes, le choix est fait : « la fin justifie les moyens, fût-ce au prix de l’abandon de ce qui caractérise une démocratie ».
JANVIER 2019
polyculture
Gli sbandati (Les Égarés - 1955, F. Maselli) : Fine d'estate
par Michel S

Gli sbandati est donc un double témoignage : témoignage sur un événement majeur et tragique de l’Histoire d’un pays et témoignage politique sur les aléas d’un tournage, et, en conséquence, sur les orientations culturelles de l’État italien d’après-guerre. À ce titre-là, Gli sbandati demeure extrêmement précieux. Au même titre que de nombreux chefs-d'œuvre du cinéma néoréaliste d’après-guerre, devenus incontournables grâce au ton de vérité poignante qui s’en dégage.
JANVIER 2019
travail de mémoire
Rosa Luxembourg (1871-1919) : Femme, révolutionnaire et communiste
par Michel S

Un siècle, un siècle déjà, un siècle à peine pourtant… Rosa Luxembourg était, en compagnie de son camarade Karl Liebknecht, sauvagement assassinée par les forces paramilitaires, un 15 janvier 1919 à Berlin.Tandis que Karl était conduit au Tiergarten et abattu d’un coup de fusil, Rosa fut, de son côté, gravement insultée, giflée, battue à mort, traînée à terre, défigurée d’un coup de crosse, achevée d’une balle dans la tête par un officier. Son corps fut ensuite projeté dans le « Landwehrkanal ». Pourquoi tant de haine ? Rosa était femme, juive polonaise et communiste.
JANVIER 2019
débats d'idée - champs libre
Gilets jaunes : La justice est là pour rendre la justice. Pas pour rétablir l'ordre.
par Régis

Rubrique : une magistrature aux ordres ?

Depuis quelques jours, les informations qui remontent de toutes les juridictions françaises sont absolument consternantes. La justice a réagi au coup de sifflet du pouvoir Macronien et met en œuvre sans barguigner la stratégie de violence répressive de celui-ci.

Des incriminations délirantes, des procédures expéditives sans respect des formes, des réquisitions incroyablement féroces et des peines tout aussi invraisemblables. Je n’ai jamais vu une chose pareille dans ma pourtant longue carrière, et même en 1968 (je n’avais pas encore endossé la robe). Cette répression est sans précédent, et c’est une catastrophe de voir l’institution judiciaire, se vivant comme un outil de maintien de l’ordre, revenir à ses vieux démons.

Le maintien de l’ordre relève de la compétence de l’État et de son exécutif. Celle de la justice c’est justement de rendre la justice. Dans le respect scrupuleux et absolu de la loi. Hors de cela elle devient illégitime.