journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

MAI 2019
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
Visiteurs, habitants, soyons smart !
par Stéphane

C’est l’accroche trouvée par ONLYLYON - outil de propagande de la classe bourgeoise pour vendre Lyon au plus offrant - pour célébrer son tout frais statut de capitale européenne du « smart tourism ». Devant une telle reconnaissance, il faut que tout le monde s’y mette ! Alors soyons smart. Mais au fait c’est quoi le tourisme intelligent ?
MAI 2019
travail de mémoire
La Ragazza di Bube (1964, L. Comencini) : La vallée qui s'éveille... ou Carlo Cassola oublié
par Michel S

« Télérama » signale la diffusion du film de Luigi Comencini (numéro du 11 au 17 mai). Personne ne rappelle l'origine du film. Exit le romancier Carlo Cassola (1917-1987) qui avait reçu, en 1960, le prix Strega, considéré comme l'équivalent du prix Goncourt en Italie. Inspiré d'un fait réel, "La Ragazza di Bube" est pourtant autre chose que le récit d'une aventure sentimentale. Cassola en avait repéré la source dans le maquis résistant et le village environnant. Comment, Mara, une jeune femme apparemment frivole et désinvolte a-t-elle pu s'éprendre d'un homme aussi abrupt et tranché que Bube, alias « Le Vengeur » ? La prise de conscience progressive de Mara (Claudia Cardinale remarquable) est également celle de l'écrivain et du cinéaste...
MAI 2019
pas de transition écologique
sans sortie du capitalisme
Contre cette métropole de Lyon : Engageons une critique radicale !
par Stéphane

Les lecteurs du « Grain de Sel » le savent : La Métropole, et son impact sur l’aménagement et les solidarités territoriales, joue un rôle extrêmement offensif dans le capitalisme total qui broie les peuples et leur environnement depuis des décennies. Alors que va s’ouvrir le folklorique épisode des élections locales, il est temps de rappeler l’inanité démocratique de notre Métropole de Lyon et de commencer à interroger d’autres champs du possible.


AVRIL 2019
débats d'idée - champs libre
Le bruit des Gilets Jaunes donne le cancer
par Jerôme

On devrait proposer ce jeu dans les ateliers d’écriture : « Toi aussi, invente le mensonge le plus gros possible sur le sujet de ton choix. » On vient en effet d’apprendre, par le biais du Washington Post, que Donald Trump, depuis son élection, a menti 9451 fois. Le journal a arrêté son décompte au 1er avril dernier. Ce qui signifie que ce chiffre de 9451 est déjà dépassé. En effet, Donald Trump a menti en moyenne six fois par jour sur sa première année de mandat pour monter à vingt deux fois par jour sur les six derniers mois. Le mensonge, pour Trump, c’est une drogue dure. Il lui en faut toujours plus pour obtenir le même plaisir. Dans son cas, on est en présence d’un mélange étonnant de bêtise, d’inculture et de paranoïa, comme chez le dernier des complotistes de bistrot. Il n’en est pas encore à dire qu’il y a une base militaire nazie sur la face cachée de la lune depuis 1945 ou que le président Kennedy a été assassiné par des Illuminati mais on s’en approche en douceur.
AVRIL 2019
débats d'idée - champs libre
Loi anticasseurs censurée : Comment se moquer du monde.
par Régis

Ben oui, je vais un peu interloquer, doucher les enthousiasmes, peut-être faire taire une partie des clameurs, priver Messieurs Fabius et Juppé des ovations qu’ils reçoivent depuis cet après-midi.

Eh bien non, il n’y a pas lieu de fêter le Conseil constitutionnel pour la décision qu’il vient de rendre. L’annulation de la mesure phare c’est-à-dire l’interdiction administrative préalable d’exercer son droit constitutionnel de manifestation est à mon sens un pur et simple trompe-l’œil.
Je dirais même au contraire, la façon dont cela s’est passé est très inquiétant. En dehors de cette mesure, L’ENSEMBLE DU TEXTE tout aussi liberticide a été validé. Pire, le Conseil a annulé les modalités de l’interdiction administrative mais EN A VALIDÉ LE PRINCIPE.

J’explique brièvement pourquoi on nous prend pour des jambons.
MARS 2019
la pierre qui flotte
Aujourd’hui, j’ai serré tous mes CAP maçons dans les bras. Enfin, façon de parler.
par Judith

Aujourd’hui, j’ai serré tous mes CAP maçons dans les bras. Enfin, façon de parler.

Après la chanson offerte du mercredi, on a fait de la géographie sur Satie. Tout de suite, un croquis du couloir de la chimie dessiné sur Gnossiennes, ça te prend une autre gueule, ça respire différemment.

Satie, c’est le partenaire numéro un de nos travaux écrits. En deuze, y a Les Nocturnes de Chopin, puis Schubert.

Ensuite, on a écrit une lettre à Magyd Cherfi pour lui demander si sa mère n’est pas trop triste quand elle lit le texte « La Honte » dans Livret de famille parce que, franchement, « ça s’fait pas d’écrire des phrases comme :

On n’aimait pas nos mères, elles étaient laides, incultes et méchantes. Chacun voyait sa mère dans la mère de l’autre, comme si elles n’étaient qu’une. Une pour tous, difforme, multicolore, vague. Dans ma tête, une plainte… »

Puis, j’ai dû rappeler à D et H que chaque fois qu’ils s’insultent et se moquent méchamment l’un de l’autre, ils perdent un peu de grandeur et de majesté. J’ai répété que la dérision, le cynisme et le sarcasme sont une lâcheté si l’on en abuse. Que la tendresse est un courage d’homme.
En revanche, je n’ai pas osé leur dire que les adultes d’un gouvernement ont décidé qu’à la rentrée prochaine les heures allouées au français et à l’histoire-géographie, en France, pour les classes de CAP allaient passer de 4hs hebdomadaires à 1h30.

J’aurais eu l’air de quoi avec mes grands principes et mes grandes valeurs humanistes ? D’une grosse nouille.

C’est à ce moment-là de la matinée que je les ai tous serrés très fort dans mes bras avant qu’ils ne repartent dans le fracas et la cohue du monde.

MARS 2019
débats d'idée - champs libre
« The start of something » : Le début de quelque chose ?
par Stéphane

Tel est le slogan, forcément anglais car forcément moderne, de l’ancienne Halle Girard, fleuron lyonnaise de la 1ère révolution industrielle, qui deviendra, la Lyon French Tech dont ses idolâtres espèrent qu’elle sera le fleuron de la 4ème, et fera éclore l’une des « licornes » de la start-up nation dont rêve notre banquier de président. Améliorer le système, le rendre plus performant, voici le seul horizon qu’impose la classe dominante aux peuples. Ce vendredi 15 mars, jour de l’inauguration de ce nouveau joujou technocapitaliste, d’autres voix/voies se sont pourtant fait entendre.
MARS 2019
débats d'idée - champs libre
Répression des gilets jaunes : Un polytechnicien dangereux
par Régis

Le geste d’abord, qui porte pour moi la marque de la grande classe. Un polytechnicien qui s’inspirant de son condisciple de 1830 que l’on devine sur le tableau de Delacroix, rejoint en grand uniforme cette « France d’en bas » qui manifeste pour sa dignité, pour lui exprimer sa solidarité et sa gratitude, eh bien simplement respect.

La répression ensuite, expression de la bêtise, de la mesquinerie et de la violence de gens en panique pour leurs petits intérêts et ceux de leurs maîtres qui les ont mis là, eh bien ceux-là, on les combattra.
MARS 2019
travail de mémoire
Roland Leroy l'élégance et l'Humanité
par Claude

"Son agilité d’esprit, sa culture, sa rigueur, sa vie brûlée par tous les bouts jusqu’aux nuits, une allure de dandy… quelque chose d’un héros de Roger Vailland."

LEROY Roland, Eugène. Nom dans la clandestinité : Bob, Réli, Paillard, Dumas, Alain
Né le 4 mai 1926 à Saint-Aubin-les-Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 25 février 2019 à Clermont-l’Hérault (Hérault) ; employé de la SNCF (1942, 1945-1947) ; membre du comité central (1956-1961), membre du bureau politique (1964-1994) du Parti communiste français, membre du secrétariat du PCF (1960-1979) ; député de la Seine-Maritime (1956-1958), puis de la 2e circonscription de Rouen et Sotteville (1967-1981), puis de la Seine-Maritime (1986-1988) ; directeur de l’Humanité (1974-1994).
MARS 2019
polyculture
Cléo de 5 à 7 (1962, A. Varda) : belle en pure perte ?
par Michel S

Cléo de 5 à 7 est une oeuvre providentielle, incontestablement. Au coeur de ce trésor, se blottit une fine merveille que Cléo découvre chez Raoul, le compagnon de Dorothée (Raymond Cauchetier, lui-même photographe de plateau et projectionniste) : ce sont Les Fiancés du Pont MacDonald, burlesque muet, où Jean-Luc (Godard) aux allures d'Harold Lloyd et aux côtés d'Anna (Karina), jette dans la Seine ses lunettes de soleil qui l'empêche de voir l'existence autrement qu'en noir. Plus qu'un symbole ("le film chéri de la Nouvelle Vague"), Cléo de 5 à 7 est un hommage aux vertus du cinéma.