journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

SEPTEMBRE 2019
polyculture
Le Clos Jouve : L'édition à rebrousse-poil
par Etienne

Pour monter une maison d’édition aujourd’hui, il faut une bonne dose d’héroïsme ou une tendance kamikaze. C’est sans doute un mélange des deux qui a poussé Philippe Bouvier et Frédérick Houdaer à fonder les toutes jeunes Editions Le Clos Jouve. L’un est « militant depuis 35 ans, agitateur culturel depuis 25 ans, syndicaliste principalement autour des questions de la santé au travail et de l’éducation populaire depuis 20 ans, cinéphile depuis toujours » ; l’autre, écrivain, éditeur, a dirigé deux collections déjà, donnant naissance à une trentaine de titres.

Entretien.
SEPTEMBRE 2019
polyculture
La cinémathèque algérienne : Un haut lieu à préserver
par Michel S

À partir du milieu des années 70, la Cinémathèque d’Alger devient un des hauts lieux du cinéma mondial, et, en particulier, de celui des nations opprimées par l’impérialisme. Elle est donc un espace de débat et de confrontation politique, laissant s’exprimer les spectateurs dans un climat de franchise exceptionnelle. Les orientations affichées par le pouvoir algérien peuvent donc trouver, à condition que celui-ci veuille réellement s’en servir, de sérieux points d’appui. Pour positive qu’elle puisse être, cette période ne saurait gommer les carences et les difficultés innombrables. Elle montre cependant que lorsque les énergies et les talents sont déployés sans nulle interdiction, elles peuvent aboutir à des résultats remarquables. La sous-estimation voire le mépris des exigences idéologiques et culturelles dans une nation anciennement asservie relève d’une attitude suicidaire. Elle reconduit les pays opprimés dans les mailles des pays oppresseurs. Aussi, si nous nous félicitons de la nomination du réalisateur Salim Aggar, intervenu en décembre 2018, comme directeur de la Cinémathèque algérienne, nous souhaitons que les responsables algériens prennent la culture et le cinéma, en particulier, un peu plus au sérieux. Il n’est pas juste de considérer la culture comme un « supplément d’âme ». Partout, dans l’Histoire et dans le monde, des peuples ont engagé la lutte contre la pauvreté et le sous-développement en étroite liaison avec le développement de l’éducation et la culture. C’est la raison essentielle qui nous aura incité à publier des extraits d’un ancien entretien que Boudjemaâ Karreche et Yazid Khodja ont bien voulu accorder au regretté Guy Hennebelle (1941-2003), historien du cinéma qui a tant œuvré à la connaissance des cinémas des « pays en développement », et Nourdine Sail. Nous étions en 1976.
AOÛT 2019
polyculture
Jeremiah Johnson (1972) : La moelle du monde
par Michel S

Au fond, le miracle de Jeremiah Johnson tient au fait qu’à partir d’une volonté de simplicité, il finit par accumuler de la complexité. Peut-être est-ce, également, à partir d’un semblable constat qu’on pourrait définir la pureté d’une œuvre. En dernier lieu, on conservera en mémoire les propos du cinéaste : « Peu de choses expriment la vérité autant que le font les mensonges ». [8] La vérité est donc ailleurs que dans l’histoire du mountain man John Johnson, alias John Garrison (1824-1900). Celle qu’essayèrent de conter les romans de Vardis Fisher (Mountain Man) et de Raymond V. Thorp et R. Bunker (Crow Killer) dont s’inspire Jeremiah Johnson. Enfin, le cinéma de Sydney Pollack exprime continuellement cette résistance à la peur : entre départ et retour, objection et compromis, usage du système (le technicolor en Panavision) et critique du système. Jeremiah Johnson en formule le credo en tableaux délicatement inspirateurs.
AOÛT 2019
débats d'idée - champs libre
Qui a tué Steve Canico ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
par Régis

Un drôle d’air me trotte dans la tête depuis quelques jours. Cette chanson de Bob Dylan adaptée par le grand Graeme Allwright.
« Qui a tué Davy Moore ? » parle de la défausse, de la lâcheté et du mensonge, face à ses responsabilités. Finalement tout ce qu’on rencontre dans l’attitude et les paroles des piliers du système macronien depuis la découverte du corps du malheureux Steve Canico,

Qui a tué Steve Canico ? La question est simple, et la réponse judiciaire devrait l’être.
En attendant je donne quelques explications juridiques qui, avec tout ce que l’on sait déjà permettent de désigner ceux qui sont responsables et que la Justice devrait normalement déclarer coupables.

D’avoir tué Steve Canico.
AOÛT 2019
travail de mémoire
Benito Mussolini : Le mauvais exemple de Predappio
par Michel S

Ce 29 juillet, date anniversaire du Duce, des centaines d’admirateurs se rendaient, comme chaque année, à Predappio* , commune où est né l’enfant Benito, fils du forgeron Alessandro Mussolini et de l’institutrice Rosa Maltoni. Un pèlerinage de néo-fascistes que commentait, pour l’émission "28 minutes" (Arte), la jeune journaliste Paola Puerari. Un drôle d’itinéraire touristique, en effet… Or, cette année, fait nouveau et désolant, il nous est précisé que le tombeau du dictateur pourrait, grâce au nouveau maire, devenir une attraction touristique. Ce magistrat répondant au nom de Roberto Canali vient d’être placé à la direction de la commune, suite aux élections générales de 2018, plaçant en tête la Ligue du Nord et son leader charismatique, Matteo Salvini. On nous dit également que les habitants de la petite ville de 6 000 habitants, située dans la province de Forli-Cesena (Émilie-Romagne), verraient cette initiative d’un bon œil. On ne le répètera jamais assez : Mussolini n’est pas la version plus « sociale » ou la version plus « ensoleillée » du Führer. Fascisme et nazisme sont frères jumeaux. Manganello et huile de ricin avaient beau être « répugnants » (merci Claude Askolovitch !), ils n’auraient jamais pu résumer, à eux seuls, le fascisme !!! Quant aux idéologues qui tentent de banaliser cette pensée, nous savons d’où ils proviennent. Nous les voyons désormais à l’œuvre dans toute l’Europe. Tous se détestent mutuellement, mais leur unique sujet de haine commune, c’est aussi l’Europe de la paix et de la fraternité. En clair : l’Europe des peuples.
Il n’est, par conséquent, aucunement question de fleurir la tombe du Duce. Il est plutôt question d’enterrer le fascisme définitivement. À bon entendeur, salut !