journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983

FÉVRIER 2019
travail de mémoire
Gilets jaunes et manipulations étatiques de la violence : Une vieille histoire
par Régis

Il y a 40 ans, j’ai eu l’occasion de m’investir énormément dans les grandes luttes syndicales menées contre le démantèlement de la sidérurgie française. À cette occasion, le pouvoir d’État avait utilisé manipulations et provocations pour tenter de dévoyer et de disqualifier un mouvement pourtant populaire dans l’opinion publique. J’ai réalisé en coopération avec la CGT et deux amis un ouvrage qui faisait la démonstration de ce que le ministère de l’intérieur de l’époque n’avait pas eu d’état d’âme pour se livrer à des opérations illégales. Preuve que le pouvoir d’État en est capable et que Macron et Castaner n’ont rien inventé. Et le dire n’est pas être complotiste.

D’ailleurs les quatre pendus de Chicago nous rappellent aussi que la provocation policière et judiciaire est une constante à laquelle s’est heurté le mouvement social depuis deux siècles.
FÉVRIER 2019
débats d'idée - champs libre
Nous avons plus que jamais besoin d'Humanité !
par Stéphane

La dernière une de la revue « society », un « quinzomadaire en liberté » forcément moderne et branché, affichait le visage poupon et déterminé d’une jeune adolescente de 16 ans. Et tenez-vous bien, elle allait « sauver la planète suite à son discours devant l’ONU qui a bouleversé le monde ».

J’épargnerai aux lecteurs du Grain de Sel de rentrer dans le contenu du reportage aussi affligeant que le titre mais qui relève bien les maux de notre société du spectacle où une ministre peut humilier sa fonction chez un pétomane. Debord l’écrivait il y a 50 ans : « Dans le spectacle, image de l’économie régnante, le but n’est rien, le développement est tout. Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre que lui-même ».

JANVIER 2019
débats d'idée - champs libre
Macron et l'exécution de sa feuille de route : Aux prix de nos libertés
par Régis

Rubrique : commencerait-y pas à y avoir le feu ?

Les dérives liberticides se multiplient, deviennent systématiques et prennent une ampleur rarement vue.
J’ai suffisamment d’expérience pour dire que cela est sans exemple depuis la fin de la guerre d’Algérie. Le plus grave est que dans la tête des séides du pouvoir, des macronôlatres et de ceux qui les servent avec zèle dans la police et dans la justice, cela ne pose aucun problème. Le choix de l’illibéralisme est fait. Celui de l’autoritarisme illégal et illégitime également. En attendant pire ?

Juste deux petits exemples qui montrent que pour le pouvoir et les petites couches apeurées qui se réfugient dans ses jupes, le choix est fait : « la fin justifie les moyens, fût-ce au prix de l’abandon de ce qui caractérise une démocratie ».
JANVIER 2019
polyculture
Gli sbandati (Les Égarés - 1955, F. Maselli) : Fine d'estate
par Michel S

Gli sbandati est donc un double témoignage : témoignage sur un événement majeur et tragique de l’Histoire d’un pays et témoignage politique sur les aléas d’un tournage, et, en conséquence, sur les orientations culturelles de l’État italien d’après-guerre. À ce titre-là, Gli sbandati demeure extrêmement précieux. Au même titre que de nombreux chefs-d'œuvre du cinéma néoréaliste d’après-guerre, devenus incontournables grâce au ton de vérité poignante qui s’en dégage.
JANVIER 2019
travail de mémoire
Rosa Luxembourg (1871-1919) : Femme, révolutionnaire et communiste
par Michel S

Un siècle, un siècle déjà, un siècle à peine pourtant… Rosa Luxembourg était, en compagnie de son camarade Karl Liebknecht, sauvagement assassinée par les forces paramilitaires, un 15 janvier 1919 à Berlin.Tandis que Karl était conduit au Tiergarten et abattu d’un coup de fusil, Rosa fut, de son côté, gravement insultée, giflée, battue à mort, traînée à terre, défigurée d’un coup de crosse, achevée d’une balle dans la tête par un officier. Son corps fut ensuite projeté dans le « Landwehrkanal ». Pourquoi tant de haine ? Rosa était femme, juive polonaise et communiste.
JANVIER 2019
débats d'idée - champs libre
Gilets jaunes : La justice est là pour rendre la justice. Pas pour rétablir l'ordre.
par Régis

Rubrique : une magistrature aux ordres ?

Depuis quelques jours, les informations qui remontent de toutes les juridictions françaises sont absolument consternantes. La justice a réagi au coup de sifflet du pouvoir Macronien et met en œuvre sans barguigner la stratégie de violence répressive de celui-ci.

Des incriminations délirantes, des procédures expéditives sans respect des formes, des réquisitions incroyablement féroces et des peines tout aussi invraisemblables. Je n’ai jamais vu une chose pareille dans ma pourtant longue carrière, et même en 1968 (je n’avais pas encore endossé la robe). Cette répression est sans précédent, et c’est une catastrophe de voir l’institution judiciaire, se vivant comme un outil de maintien de l’ordre, revenir à ses vieux démons.

Le maintien de l’ordre relève de la compétence de l’État et de son exécutif. Celle de la justice c’est justement de rendre la justice. Dans le respect scrupuleux et absolu de la loi. Hors de cela elle devient illégitime.
DÉCEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Gilets Jaunes : le soulagement hargneux du bourgeois humaniste
par Jerôme

Ils ne sont pas très nombreux, mais tout de même, ils sont là ceux qui n’ont pas pu empêcher de laisser suinter leur mépris de classe pour les gilets jaunes, surtout depuis que le mouvement semble en décrue et du coup, leur fait moins peur. Ils haussent à nouveau le ton. On les trouve, hélas, surtout dans un certain milieu intellectuel privilégié qui a même pu se targuer d’être social-démocrate en oubliant le sens originel de ce mot. En retenant surtout les noms de Noske dans l’Allemagne de 1919 et de Jules Moch dans la France de 1946, ministres de l’Intérieur « socialistes » qui dégagèrent usines en grèves et carreaux de mines à la mitrailleuse lourde pour apprendre à vivre à l’ouvrier qui l’ouvrait un peu trop ou au mineur ancien résistant qui se sacrifiait sans contrepartie pour gagner la bataille du charbon.
DÉCEMBRE 2018
travail de mémoire
Autour de « Novecento » (1900, B. Bertolucci - 1976) ou l'Histoire de l'Italie contemporaine
par Michel S

L’immense succès commercial du « Dernier Tango à Paris » (1972) projeta Bertolucci au firmament des réalisateurs. Pour les producteurs, il était naturellement devenu pain bénit. L’auteur du « Conformiste » en profita pour exaucer un vœu cher : mettre en scène une épopée couvrant un demi-siècle d’histoire italienne et puisant son récit dans ses propres souvenirs, ceux de sa province natale, l’Émilie. En même temps, et, selon une tension dialectique qui lui est chère, Bertolucci cherchait à éprouver des logiques a priori antagonistes. « Je me suis rendu compte, disait-il alors, pendant que je tournais le film et surtout pendant que je procédais au montage que « Novecento » est bâti sur le principe des contradictions, la contradiction entre les dollars américains et le discours politique du film, la contradiction entre Olmo Dalcò (Gérard Depardieu) et Alfredo Berlinghieri (Robert De Niro), entre les paysans et les patrons, entre les acteurs de Hollywood et les paysans authentiques de l’Émilie, entre la préparation la plus soigneuse et l’improvisation déchaînée, entre la culture archaïque et paysanne et une culture bourgeoise.»
DÉCEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
Au début du XXIe siècle...
par Judith

Au début du XXIe siècle, lors de son mandat, un président de la France commettait l'exploit de faire surgir en pleine lumière une population jusque là transparente, taiseuse et peu dérangeante : celle de la banlieue de toutes les banlieues, "la périphérie" du territoire dixit les médias de l'époque.
DÉCEMBRE 2018
débats d'idée - champs libre
« Gilets jaunes » : La surdité d’un Président
par Michel S

Démarré sur la base minimale du refus de la taxe carbone, le mouvement « gilets jaunes », malgré ses désordres et ses incohérences, a désormais élargi sa vision. Loin de s’être refermé sur lui-même, il est entré en contact avec d’autres courants de l’expression citoyenne voire syndicale. Les annonces du gouvernement Philippe arrivent donc trop tard. Ce ne sont pas des reculs superficiels ou simplement un moratoire qui mettront un terme à un désaveu justifié et ancré. Le mécontentement populaire exprimé là ne saurait être réductible à la démission d’un homme, M. Macron en l’occurrence. De ce point de vue, les calculs politiciens ou les déclarations présentes de certains hommes politiques seront forcément observés avec suspicion et vigilance. [...] Enfin, nous voudrions rappeler, une fois encore, notre rejet de toute violence. Le refus, la contestation voire la désobéissance n’ont aucunement besoin d’actes de violence. Ceux-ci expriment une forme de désespoir ou de détresse. Refuser ou contester c’est exiger de neuves solutions et des perspectives plus audacieuses et plus justes. C’est forcément le contraire du désespoir. De là s’obtiennent la détermination, la fermeté, l’union dans le combat et la solidarité. En dernier lieu, si le problème social est bien réel, il ne doit pas être opposé à la nécessaire transition écologique. Les vrais responsables du marasme écologique sont les mêmes qui jettent les citoyens dans la pauvreté, le chômage et le déclassement social.